"La Formule préférée du professeur" de Yoko Agawa

Publié le par Nathalie

"La Formule préférée du professeur" de Yoko Agawa

Décidément, en ce moment, je suis poursuivie par le Japon !!! ;-)

Après "La Voix des vagues" de Jackie Copleton (ici) et avant "Le Sumo qui ne pouvait pas grossir" d'Eric-Emmanuel Schmitt, me voici à vous présenter un ouvrage de Yoko Agawa, "La Formule préférée du professeur", paru en 2005 chez Actes Sud et en 2008 chez Babel. Au Japon, ce roman a été récompensé du Prix Yomiuri (meilleur roman) et y est également sorti en film, en BD et en CD audio.

4ème de couv' :"Une aide-ménagère est embauchée chez un ancien mathématicien, un homme d'une soixantaine d'années dont la carrière a été brutalement interrompue par un accident de voiture, catastrophe qui a réduit l'autonomie de sa mémoire à quatre-vingts minutes. Chaque matin en arrivant chez lui, la jeune femme doit de nouveau se présenter - le professeur oublie son existence d'un jour à l'autre - mais c'est avec beaucoup de patience, de gentillesse et d'attention qu'elle gagne sa confiance et, à sa demande, lui présente son fils âgé de dix ans. Commence alors entre eux une magnifique relation. Le petit garçon et sa mère vont non seulement partager avec le vieil amnésique sa passion pour le base-ball, mais aussi et surtout appréhender la magie des chiffres, comprendre le véritable enjeu des mathématiques et découvrir la formule préférée du professeur... Un subtil roman sur l'héritage et la filiation, une histoire à travers laquelle trois générations se retrouvent sous le signe d'une mémoire égarée, fugitive, à jamais offerte..."

Ayant depuis le collège une relation difficile, voire conflictuelle, avec les formules, les théorèmes, les démonstrations et autres joyeusetés mathématiques (Rien que d'y penser, j'en ai encore les jambes qui flageolent !!!), j'ai pris sur moi pour lire ce roman dont le principal protagoniste est un ancien professeur de mathématiques ayant subi un grave accident. Et je ne regrette pas une seconde, car c'est un ouvrage très agréable à lire.

Basée sur la relation qui va s'établir entre l'aide-ménagère, son fils (surnommé Root à cause de sa tête plate comme une racine carrée) et le professeur, la trame du roman est pleine de poésie et de charme. Et oui, c'est possible même en parlant nombres premiers et algèbre, ce qui m'a beaucoup surprise !!! Comment réussira-t-elle à nouer un lien avec un homme qui oublie tout après 1 heure 20 et qui a les habits recouverts de post-it annotés pour essayer de conserver un minimum de souvenirs à portée de main ? Telle est la gageure que devra relever la narratrice à force de douceur, de patience, d'amour, devrais-je même ajouter. Ici, pas de Petit Prince qui apprivoise un renard mais une jeune mère célibataire qui va apprivoiser un vieil homme, et réussir à entrer dans un univers qui lui était totalement inconnu, celui des chiffres.

Il est intéressant de voir les astuces qu'elle met en place afin de pénétrer le monde intérieur du professeur avec l'aide de son fils, les rapports qui s'installent et évoluent entre eux trois et l'affection sincère qui va lier les personnages au-delà d'un simple rapport professionnel.

J'ai apprécié cette lecture pour son optimisme, l'émotion qui s'en dégage et l'originalité du thème. Et puis, je me suis rendue-compte que les nombres peuvent avoir un certain charme, tout dépend comment on vous les présente (Hein, M. Gaillard !!!)...

Note : 4,5/5

Passage choisi : "Peu après avoir commencé à fréquenter le pavillon comme aide-ménagère, je découvris que le professeur avait l'habitude, lorsqu'il était plongé dans la confusion parce qu'il ne savait pas quoi dire, de proposer des nombres au lieu de mots. C'était le moyen qu'il avait trouvé pour échanger avec les autres. Les nombres étaient la main droite qu'il tendait vers l'autre pour une poignée de main, en même temps qu'ils lui servaient de manteau pour se protéger."

Publié dans ROMANS DU MONDE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article