"La disparition" de Georges Perec

Publié le par Nathalie

Mon amie Caroline, ayant reçu ce livre comme cadeau à Noël, me l'a prêté en attendant d'avoir un peu de temps devant elle pour le lire.

 

Il s'agit d'un roman lipogrammatique, c'est à dire un ouvrage écrit avec une contrainte, celle de l'absence totale d'une lettre dans sa construction. Ici, la lettre E.

 

Georges Perec (dont le nom est pourtant très fourni en E !!!) aimait beaucoup se donner des contraintes d'écriture et jouer avec les mots.

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Les premiers lecteurs, qui n'étaient pas avertis du procédé littéraire, devaient donc chercher ce qui avait mystérieusement disparu dans ce livre. Autre disparition, celle du personnage principal, Anton Voyl, que ses amis cherchent tout au long du récit selon le principe d'une intrigue policière.

 

La trame de l'histoire est surtout un prétexte pour Georges Perec afin de servir son procédé d'écriture.

 

Je dois dire que si j'admire et respecte la capacité littéraire de Monsieur Perrec à écrire, à jouer avec les mots et à suivre une contrainte telle que le lipogramme, je n'ai pas particulièrement apprécié "La Disparition". Pour moi, c'est un texte abscons qui ne m'a procuré aucun plaisir en tant que lectrice. J'ai trouvé brillantes ses nombreuses astuces pour dire les choses sans avoir à utiliser la voyelle bannie : utilisation d'anglicismes, de mots anciens, transformations d'expressions courantes..., mais j'ai trouvé son style très découpé, froid, mécanique parfois.

Par contre, je lui tire mon chapeau pour la performance, car j'ai voulu écrire cet article sans utiliser le E et j'y ai bien vite renoncé car j'avais un mal fou à exprimer réellement ce que je voulais dire à force de chercher des synonymes ou des astuces pour éviter tous les mots qui me venaient naturellement à l'esprit !!!

 

Note : 2,5/5

 

Passage choisi : "Il s'acharna huit jours durant, croupissant, s'abrutissant, languissant sur l'oblong tapis, laissant sans fin courir son imagination à l'affût ; s'appliquant à voir, puis nommant sa vision, l'habillant, construisant, bâtissant tout autour la chair d'un roman, planton morfondu, divaguant, poursuivant l'illusion d'un instant divin où tout s'ouvrirait, où tout s'offrirait."

Publié dans ROMANS

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Caro 05/03/2012 18:06

Après l'avoir prêté à Nathalie, je m'y suis plongée à mon tour. C'est par moment ardu à lire mais je me suis accrochée jusqu'au bout, très admirative de la prouesse littéraire qui consiste à se
passer du e et dont certains exemples m'ont bien fait rire: "se mettre sur son 28 + 3" ou "le rang d'immatriculation à l'association du travail" (n° de sécu)...

Nathalie 06/03/2012 19:07



Tu as été plus courageuse et persévérante que moi !!!



calou 09/01/2012 12:17

slt ma biche ; avec ce topo sur la disparition tu me fais faire un retour en arrière de quand j'étais en fac de lettres...obligation de lire ce bouquin et obligation de s'émerveiller de cette
oeuvre...tendance de l'époque...c'était ce qu'il fallais connaitre et apprécier...sauf que moi ça ne m'avait pas du tout convenu et ça m'a valu un accrochage avec mon prof de littérature
contemporaine ! ! ! qu'en reste-t-il aujourd'hui ? m^me pas un mauvais souvenir juste la pas envie de relire ce bouquin.
par contre j'ai commencé le recueil de poésies acquis lors de notre vite commune à l'institut du monde arabe ...je retrouve cette façon si belle et sensuelle de parler de l'amour que j'ai déjà
rencontrée chez plusieurs auteurs arabes...un plaisir à ne pas bouder
bisous ma biche

Nathalie 09/01/2012 18:36



Je dois avouer que je ne suis pas arrivée à le lire jusqu'à la dernière page... Et je pense, que si j'avais dû l'étudier à la fac, je me serais aussi accrochée avec le prof !!!


N'oublie pas, quand tu remontes, de venir avec plein de livres dans tes bagages, ma pile s'amoindrit