- Le rouge n'est plus une couleur - de Rosie Price

Publié le par Nathalie

- Le rouge n'est plus une couleur - de Rosie Price

Prix Griffe Noire du meilleur roman étranger et sélection du Prix des Lecteurs 2021, "Le rouge n'est plus une couleur" (Grasset-2020 & Le Livre de Poche-2021) est le premier livre de l'auteure britannique Rosie Price. Née en 1992 et diplômée de l'université de Cambridge, Rosie Price a travaillé dans une agence littéraire de Londres avant de se tourner entièrement vers l'écriture. Son ouvrage a été fortement salué par la critique anglo-saxonne dès sa sortie.

4ème de couv' : "Kate et Max se rencontrent à l’université et deviennent immédiatement deux amis inséparables. Kate fait la connaissance de la famille de Max – une famille bourgeoise, cultivée, très différente de la sienne – qui l’accueille à bras ouverts. Mais lors d’une fête, pendant que la soirée bat son plein, le cousin de Max entraîne Kate dans une chambre à l’étage. Elle n’ose pas refuser et la porte se referme. Sa vie s’écroule alors, seconde après seconde. Ses yeux fixent le ruban écarlate cousu dans le col du garçon pendant que celui-ci la viole ; pour Kate, le rouge ne sera plus jamais une couleur.

Ce premier roman de Rosie Price nous offre une réflexion subtile et poignante sur la mémoire traumatique, le sacrifice que l’on consent au silence et le courage de nommer. Il explore le lent retour à la vie d’une jeune femme après un viol sans coups ni cris, mais aussi les réactions d’une famille lorsque l’un des siens est accusé. Un texte fulgurant, la naissance d’une écrivaine britannique majeure."

J'ai acheté ce roman en février dernier, attirée par le titre et la couverture colorée, mais il m'a fallu quelques mois pour me décider à l'extraire de ma PAL car la thématique lourde me faisait hésiter... Il est vrai que, quand on aborde le thème du viol, quelque soit la manière dont le sujet est traité, il vaut mieux être dans une période plutôt positive pour se plonger dans une telle lecture.

Max et Kate se rencontrent à l'université et connaissent une amitié très forte, quasiment amoureuse, pendant de longues années, faites d'échanges intellectuels, de tendresse, d'humour, de soutien.

Un beau jour, lors d'une soirée dans la famille de Max, Kate est violée par un de ses cousins. A partir de là, Rosie Price nous livre la vie de Kate, ses peurs, ses doutes, sa difficulté à nouer des relations, ses choix professionnels, le tout impacté par ce qu'elle a subi, par ce qu'elle ressent.

Très centré sur les relations entre les personnages, ce roman est agréable à lire. Il montre comment est perçu le viol par la victime mais également par son entourage, ainsi que par le violeur. Il montre aussi tout le courage dont doit faire preuve Kate pour continuer à avancer dans sa vie, les moyens qu'elle met en œuvre pour y parvenir, et les différentes manières de réagir de ses amis, sa famille.

Ce qui explique ma note, c'est le détachement dont fait preuve l'auteur quand elle raconte la soirée fatidique. Non pas que je veuille du trash, mais la distance mise dans cette partie du récit m'a troublée et j'ai trouvé qu'elle dénotait un peu avec le reste du livre.

Note : 3,75/5

Passage choisi : "Kate s'aperçut très vite qu'il n'y avait guère de façon subtile d'expliquer qu'elle avait été violée. Pas de façon détournée de le dire et, comme il n'existait pas de juste milieu entre avoir été violée et ne pas l'avoir été, il n'y avait aucun moyen de tâter le terrain, de faire allusion à ce qui lui était arrivé pour évaluer la réaction d'une confidente potentielle. Tout ce qu'il y avait, c'était celles qui avaient été violées et celles qui ne l'avaient pas été. Alors elle se tut dans l'espoir que, si elle choisissait de ne pas donner voix à ce qui s'était logé dans sa poitrine, quelque part entre ses poumons et son cœur, cela finirait par s'atténuer ; que ça toxicité évacuerait son corps par ses propres moyens, sécrétée avec la sueur, le sang, la salive, la merde ; qu'en se contentant simplement de respirer, d'exister, elle pourrait peu à peu se purger sans avoir à affronter l'horreur d'avoir à lui donner une forme reconnaissable ; si elle se taisait, peut-être que ça refluerait."

Publié dans ROMANS

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