- Tokyo, la nuit - de Nick Bradley

Publié le par Nathalie

- Tokyo, la nuit - de Nick Bradley

Nick Bradley, né en Allemagne mais ayant passé son enfance en Angleterre, a fait des études de littérature anglaise. Il est ensuite parti vivre une dizaine d'années au Japon. Son premier roman "Tokyo, la nuit" (Belfond - 2021) a été très remarqué en Angleterre lors de sa sortie. Sa traduction est prévue dans une dizaine de langues.

4ème de couv' : "De Tokyo, on connaît les cerisiers en fleur, les maisons traditionnelles aux toits de tuiles et aux portes coulissantes, le quartier branché de Shibuya avec ses néons et ses boutiques de vêtements.
Mais la nuit, dans les ruelles sombres de la ville, vagabonde une chatte aux yeux verts, attentive à tous ceux que le destin a conduits dans ces quartiers abandonnés, à la marge de la cité titanesque. Là, elle croise la route de Kentaro, un tatoueur de yakuzas, et de Naomi, sa mystérieuse cliente dont le tatouage semble prendre vie ; d’Ichiro, une star déchue qui vit en ermite dans un hôtel désaffecté ; de Makoto, un jeune salaryman qui subit son existence sans jamais trouver l’amour ; mais aussi du détective Ishikawa, qui gagne sa vie en photographiant des liaisons adultères ; ou encore de Mari et George, un couple mixte et dysfonctionnel qui ne parvient pas à se séparer…

Des vies solitaires, secrètes, apparemment déconnectées les unes des autres, et qui, à mesure des déambulations nocturnes de cette chatte énigmatique, voient se tisser entre elles un imperceptible lien…
Hommage à la vie tokyoïte et à ses ambiances oniriques, un premier roman vif et tendre, à l’atmosphère follement murakamienne.
"

Nick Bradley aime Tokyo. Nick Bradley connaît très bien Tokyo. Et ça se sent à travers les 318 pages de son roman.

Nous suivons une chatte calico (tricolore) aux yeux verts qui se promène dans la ville, reliant les différentes histoires, sortes de nouvelles, écrites par l'auteur, créant un lien entre les divers personnages.

De la Tokyo traditionnelle, avec ses yakuzas et ses tatoueurs pratiquant l'Irezumi, à la Tokyo moderne des bars à Karaoké, Nick Bradley nous entraîne dans le monde nocturne de la capitale japonaise.

L'écriture s'attache à mettre en relief les contradictions d'une ville cosmopolite, vivante, se préparant à recevoir les Jeux Olympiques. Entre modernité et culture ancestrale, les personnages de "Tokyo, la nuit" sont entraînés dans des situations énigmatiques, souvent sombres, mais originales.

J'ai beaucoup apprécié l'agencement de ces histoires, très différentes les unes des autres, et le lien qui existe entre ces vies disparates. J'ai découvert l'ambiance d'une ville grâce aux descriptions de l'auteur. J'ai aimé le mélange des styles littéraires, l'auteur proposant une partie façon manga, des photos légendées, des haïkus...

J'ai trouvé cet ouvrage vraiment original, sortant des sentiers battus. Le seul bémol, c'est que n'étant pas super calée en culture nipponne, il m'a manqué certaines clefs de compréhension, ou des traductions de termes, et j'ai regretté qu'il n'y ait pas plus de notes en bas de page pour que ma lecture soit plus fluide.

A lire si vous aimez Tokyo ou, tout simplement si vous voulez lire un roman assez atypique...

Note : 4,25/5

Passage choisi : "- Il y a des gens qui disparaissent des rues. Comme Tanimoto, tu te rappelles ? Personne ne sait où il est. Introuvable. Je ne l'ai pas vu depuis des semaines. Il se passe quelque chose depuis qu'ils ont annoncé les Jeux olympiques. Ils démolissent des vieux bâtiments, ils construisent des nouveaux stades. Ils nettoient les rues. Ils font place nette, tu comprends. Ils se débarrassent des indésirables. La ville change."

Publié dans ROMANS DU MONDE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article