"Un secret" de Philippe Grimbert

Publié le par Nathalie

De Philippe Grimbert, j'ai déjà lu "Un garçon singulier" (2011) que j'ai beaucoup aimé (ici). Je connaissais ce psychanalyste et écrivain parisien suite à l'adaptation au cinéma de son roman, "Un secret", en 2007, avec Patrick Bruel, Cécile de France... Non pas que j'ai vu ce film, mais surtout grâce au succès médiatique qui avait eu lieu à sa sortie.

 

"Un secret" est un roman autobiographique paru le 5 mai 2004 aux éditions Grasset et Fasquelle. Il a remporté le prix Goncourt des lycéens en 2004 et celui des lectrices de Elle en 2005.


un secret 

Petit garçon, l'auteur s'invente un frère. Un aîné plus beau, plus fort, plus courageux... Un grand frère qui va peu à peu lui bouffer la vie, l'étouffer, l'empêcher de s'épanouir. Un jour, par le biais d'une amie de la famille, Louise, il va apprendre que ce pseudo frère est bien réel. Il a existé, il s'appelait Simon et il est mort lors d'un épisode sombre de notre Histoire. Le poids qui pesait alors sur les épaules de l'auteur va alors se dissiper au fur et à mesure qu'il va en apprendre plus sur ce terrible secret familial.

 

Encore une fois, j'ai été touchée par Philippe Grimbert et son écriture. Il a su raconter une histoire, son histoire, avec délicatesse et bienveillance. On sent beaucoup d'amour dans ce récit mais aussi beaucoup de pudeur et de retenue. S'agissant d'une période particulièrement odieuse de l'Histoire, je n'ai pu m'empêcher d'être émue à la découverte de ce secret.

Ce roman de l'intime, qui s'apparente à une sorte de psychanalyse pour Philippe Grimbert, est un joli hommage à ce frère inconnu. Un moyen d'enterrer avec dignité ce petit garçon trop tôt disparu. Un geste de mémoire pour qu'on ne l'oublie pas. Ni lui, ni les autres...

 

Note : 4/5

 

Passage choisi : "Les années passant, il s'était transformé. De protecteur, il était devenu tyrannique, moqueur, parfois méprisant. M'endormant au rythme de sa respiration, je continuais cependant de lui confier mes peurs, mes défaites. Il les accueillait sans un mot mais son regard me réduisait à néant, il détaillait mes imperfections, soulevait les draps et étouffait un rire. Alors la colère m'envahissait, je le saisissais à la gorge. Frère ennemi, faux frère, frère d'ombre, retourne à ta nuit ! Mes doigts dans ses yeux, j'appuyais de toutes mes forces sur son visage pour l'enfoncer dans les sables mouvants de l'oreiller."

Publié dans Philippe Grimbert

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monpetitchapitre 06/05/2013 10:28


J'avais beaucoup aimé aussi, une histoire et une écriture très délicates et pudiques. Et bizarrement, je n'ai rien lu d'autre après de Philippe Grimbert, comme si je voulais rester sur cette
jolie impression.

Nathalie 06/05/2013 15:04



Peut-être pouvez-vous essayer "Un garçon singulier" qui est une histoire sensible sur le handicap (voir mon commentaire) ? A bientôt pour vos impressions...



calou 03/05/2013 16:39


un petit joyau qui brille par les sentiments et l'élégance de l'écriture


j'ai aimé et suis content qu'il en soit de même pour toi !

Nathalie 03/05/2013 20:19



Impression bizarre lors de ma lecture : une impression de déjà lu. Pourtant ce n'est pas un livre que j'ai eu en main et je n'ai pas vu le film !!! Bizarre, vous avez dit bizarre...



Evelyne de Rycker-Carette 03/05/2013 14:03


J'ai beaucoup apprécié ce livre. Il fait aussi réfléchir sur la fratrie, les non dits familiaux.

Nathalie 03/05/2013 20:18



Oui, tout à fait. C'est là qu'on se rend compte que tout secret familial transpire malgré tout auprès des enfants et peut perturber leur développement. Mieux vos éviter les non-dits...