"Quai des enfers" d'Ingrid Astier

Publié le par Nathalie

"Quai des enfers" est le premier roman d'Ingrid Astier qui a, par ailleurs, publié plusieurs livres de cuisine. Il s'agit d'un polar mettant en scène la brigade fluviale de la Seine. Paru en 2010, il reçut plusieurs prix littéraires tel le Lafayette, le Polar en plein coeur ou encore le Paul Féval de la société des gens de lettres. J'ai eu l'occasion de découvrir cette jeune auteure lors d'une dédicace pour son dernier livre "Angle mort" à l'Eclectique, moment très agréable avec une romancière souriante et proche de son public.


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Par un soir froid de décembre, Rémi Jullian, de la brigade fluviale, découvre une barque contenant le corps d'une femme enveloppé dans un drap blanc tel un linceul. La morte ayant échoué juste au niveau du 36, quai des Orfèvres, l'enquête est immédiatement confiée au commandant Desprez de la criminelle. Secondés par la fluviale, Jo Desprez et son équipe vont entamer une enquête obsédante qui les mènera dans les milieux de la mode, de l'art et de la musique rock. Une enquête liée à la Seine dont les méandres et le lit peuvent dissimuler des zones d'ombres comme des dangers mortels.

 

Mon avis sur cet ouvrage est très contrasté. D'un côté, je trouve à ce livre de nombreuses qualités et de l'autre, quelques défauts... Comme il s'agit d'un premier roman, il est sans doute concevable de se dire qu'Ingrid Astier va encore évoluer et améliorer son travail dans l'avenir.

Commençons par les points négatifs :

Les personnages sont désignés par de nombreux noms ou surnoms (5/6 pour certains), ce qui rend parfois l'identification difficile.

Certains personnages manquent un peu de profondeur car leur personnalité est juste esquissée et pas assez travaillée. J'aurais, par exemple, voulu en savoir plus sur Rémi et je suis restée sur ma faim.

Le livre est truffé de références et de descriptions parfois techniques dans de nombreux domaines (musique, architecture...), ce qui alourdit l'intrigue, comme si Ingrid Astier avait voulu partager avec nous ses univers, quitte à placer ça et là des choses sans véritable intérêt pour l'histoire.

Une chose que je n'ai pas comprise et qui m'a interpellée, il y a beaucoup de phrases ou d'expressions qui sont en italique tout au long du livre. Pourquoi ??? A quoi cela correspond-il ??? J'aurais aimé le savoir...


Les points positifs, maintenant :

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Le fait d'avoir choisi une enquête qui se déroule entre le quai des Orfèvres et la brigade fluviale est une vraie trouvaille car cette dernière est quasi inconnue du grand public. Il y a donc un vent de fraîcheur indéniable dans l'univers du polar qui surgit ici.

L'attachement qu'Ingrid Astier éprouve pour Paris est formidablement bien exprimé à travers ses nombreuses descriptions de rues, de bâtiments, de paysages. J'ai eu l'impression de me promener dans la capitale, et les balades nocturnes sont vraiment pleines de charme.

On sent que le travail d'investigation et de recherche d'Ingrid Astier a dû être très approfondi car elle maîtrise vraiment bien ce dont elle parle.

L'intrigue est intéressante, les personnages torturés juste ce qu'il faut et il y a assez de fausses pistes pour maintenir un suspense suffisant.

 

En conclusion, je dirais que pour un premier roman, les bases sont là et que l'écriture d'Ingrid Astier ne demande qu'un nettoyage de scories pour donner dans l'avenir de très bonnes choses. Peut-être doit-elle simplement se recentrer davantage sur ses personnages et son intrigue si elle reste dans l'univers du polar...

 

Note : 3,5/5

 

Passage choisi : "Quai de la Rapée. Un drôle de nom où finissaient les morts violentes, subites ou suspectes. Des qualificatifs qui débutaient comme la vengeance, le venin, la vipère, le sexe, les sévices ou les supplices. La rapée, on ne savait plus vraiment si c'était un commissaire des guerres civiles de Louis XV ou un vin de piquette qui grisait l'esprit : un vin de râpure autrement nommé rapé. En tout cas, avant les tremplins bétonnés et la dentelle métallique du pont, s'épanouissaient des vignes, des marronniers et même un étang : l'étang de Berci, quand l'eau se la filait douce depuis Montreuil avant d'embrasser le Seine. Un temps s'égaya une guinguette : la guinguette des Grands Marronniers, où l'on venait danser pour se goinfrer de matelote et de friture. Aujourd'hui, on était loin de l'orangerie et de la ménagerie du sieur de la Rapée.

Pourtant, la morgue valait tous les cabinets de curiosités."

Publié dans THRILLERS-POLICIERS

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Commenter cet article

calou 15/03/2013 09:04


un commentaire qui dans sa présentation différe des précédents...très intéressant !


en résumé un bon livre...


bonne fin de vacances

Nathalie 15/03/2013 10:54



Oui, ça change... En fait le commentaire se met en place dans ma tête au fur et à mesure de la lecture du livre et pour une fois ça a donné ça...