"Pour l'amour du père" de Chochana Boukhobza

Publié le par Nathalie

Roman, découvert il y a déjà trois ans, mais qui s'est rappelé à ma mémoire hier soir. En effet, je suis allée à une conférence/lecture sur le thème de l'humour Yiddish, organisée par la librairie "L'Eclectique", et j'ai eu l'occasion de rencontrer Chochana Boukhobza et de discuter un moment avec elle.

 

Cet ouvrage raconte Alice et ses soeurs. Juliette, celle qui est veuve ; Edmée, celle qui s'ennuie dans un mauvais mariage et va connaître la passion dans les bras d'un étudiant et Sassou, celle qui a disparu et dont on ne sait ce qu'elle est devenue depuis. Il y a bien un frère, mais il est loin, il est parti dans un kibboutz... Et puis, il y a le père, arrivé de Tunisie avec sa famille trente-ans plus tôt. Il les aime ses enfants mais il est maladroit, pudique et ne sait pas comment l'exprimer. Et puis, il ne se fait pas à la vie en France.


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Cette histoire familiale nous livre une vision de l'exil et de l'installation  dans un nouveau pays. Chochana Boukhobza nous raconte aussi le poids des cultures, des traditions et la difficulté de s'en extraire. Elle nous parle également de la transmission et nous entraîne dans les relations d'une famille pour laquelle la disparition d'une des filles hante les esprits. Les versions  de cette disparition sont différentes selon chacun mais tous ont du mal à s'en remettre. Les non-dits, les regrets, les remords, la culpabilité sont là et se partagent le devant de la scène avec l'amour du père...

 

Un joli roman, émouvant, mais sans tomber dans le pathos. Un livre dont la fin est laissée ouverte afin que le lecteur puisse y mettre un peu de lui...

 

Note : 3/5

 

Passage choisi : "Ce silence, pour Alice, ressemble au ciel de paris. Il en a la couleur, la texture. L'air gris de la ville plane dans la maison, hiver comme été. Les années passent, il fait toujours gris, il fait toujours triste. le père n'arrive pas à guérir de la Tunisie, il passe son temps à comparer, il compare la saveur des fruits qu'il a mangés là-bas avec ceux qu'il achète sur le marche de Clichy ; il dit qu'au soleil la vie était plus facile, qu'elle avait du goût, que la pauvreté était légère à supporter. A Paris, celui qui manque de quelque chose, répète-t-il, est dans la détresse. La ville est trop grande, l'homme n'y a point de voisin et sa vie est dure."

Publié dans ROMANS

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NaNy 16/05/2012 17:01

Bonjour Babouilla !
Il n'y a pas que la librairie qui est " éclectique ", tes lectures aussi.
Joli roman comme tu le dis si bien, mais je vais te dire un secret, du même auteur (Chochana Boukhobza) j'ai dévoré et adoré LE 3ème JOUR.

Nathalie 16/05/2012 18:08



Il va falloir que je le lise, alors... ;-)