"Mémoires d'une geisha" de Yuki Inoue

Publié le par Nathalie

Après avoir lu, il y a déjà quelques semaines," Geisha" de Arthur Golden, j'avais envie d'en savoir plus sur ces japonaises mystérieuses qui font fantasmer les occidentaux que nous sommes. Mais je voulais un livre du cru, c'est-à-dire écrit par un auteur japonais, car j'avais trouvé le roman de Golden parfois un peu trop mièvre et américanisé. Je me suis donc rendue dans ma librairie habituelle pour leur passer commande d'un tel ouvrage et voici comment je me suis retrouvée en possession de ce livre.


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"Mémoire d'une geisha" est un récit bouleversant et terrible sur la vie de Kinu Yamagushi qui, vendue à une maison de geishas (okiya) à l'âge de huit ans, par ses parents, va connaître le dur apprentissage qui la mènera à être une geisha réputée du quartier Higashi-Kuruwa, à Kanazawa, au début du XXème siècle, avant de s'enfuir puis de devenir à son tour "Mère" d'un établissement de geishas.

 

Contrairement au roman de Golden, qui nous faisait découvrir l'univers de ces femmes, vivant dans les quartiers de plaisirs, tout en nous narrant une histoire d'amour, "Mémoire d'une geisha" est un récit biographique, ponctué de citations de Kinu ainsi que de photos d'époque.

On y découvre l'envers du décor, c'est-à-dire toutes les obligations et les soumissions auxquelles les jeunes filles doivent se plier pour se conformer à un code très rigide. On va donc découvrir, au fil des pages, la rudesse d'un apprentissage qui s'étend de la maîtrise de nombreux arts, aux exercices physiques, en passant par une initiation sexuelle précoce et exploitée financièrement.

 

Ce livre m'en a appris un peu plus sur cette profession particulière et m'a confortée dans l'idée que les geishas sont, bien que cette idée soit combattue, des prostituées. Certes, elles distraient les hommes grâce à leur maîtrise du tambour, du chant, de la danse... et elles vivent plutôt confortablement, mais comme on le constate dans ce récit, leur corps est monnayé, et cela dès leur plus jeune âge afin de pouvoir rembourser rapidement leur dette auprès de la patronne de l'okiya.

 

Ce récit m'a intéressée sur un plan documentaire. Il est chapitré de façon chronologique mais j'ai trouvé que le texte était parfois décousu. L'auteur commence à raconter la vie de Kinu, puis cite Kinu elle-même et tout à coup se met à parler de la vie économique, culturelle ou politique de l'époque avant de revenir soudainement à son récit. Le tout étant émaillé de nombreux termes japonais, la compréhension n'est pas toujours aisée, et je suis bien contente d'avoir commencé, finalement, par Arthur Golden avant de lire celui-là, ce qui m'a permis de me familiariser à une culture qui m'est assez obscure.

 

Note : 3/5

 

Passage choisi : " Mais un autre problème surgit auquel Kinu n'avait jamais pensé. Elle réalisa qu'elle ignorait tout du travail d'une maîtresse de maison. Personne ne lui avait jamais appris en fait. Toute fille âgée de vingt ans sait en général tenir son ménage et peut faire la cuisine, la lessive, le ménage et la couture. Kinu, qui exerçait le métier de geisha, était, comme la majorité de ses camarades, complètement incompétente dans ce domaine, à trente ans passés. Rien que de plus normal néanmoins."

Publié dans DIVERS

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