"Lettre d'une inconnue" de Stefan Zweig

Publié le par Nathalie

"Lettre d'une inconnue" est une nouvelle d'une centaine de pages écrite par l'écrivain autrichien Stefan Zweig et publiée en France en 1927. Cette histoire a déjà été adaptée par deux fois. Sur grand écran, en 1948, par Max Ophüls et pour la télévision, en 2001, par Jacques Deray.


lettre d'une inconnue

Alors qu'il rentre d'une excursion à la montagne, R..., romancier renommé, découvre, parmi les lettres qui composent son courrier, une étrange missive. Il s'agit d'une lettre écrite par une femme sur son lit de mort et qui lui raconte la passion dévorante qu'il lui a inspirée tout au long de sa vie. Tombée sous son charme quand il s'installe sur le même palier qu'elle l'année de ses treize ans, cette femme lui raconte son amour fou ainsi que ses différentes tentatives pour l'intéresser.

 

J'avoue que si, au départ, l'idée de lire l'histoire d'un amour à sens unique ne m'emballait qu'à moitié, je suis finalement tombée sous le charme de l'écriture de Zweig. C'est donc avec plaisir que j'ai suivi le cheminement de cette femme qui n'a vécu et organisé sa vie qu'en fonction de cet homme qui pourtant ne la reconnaît jamais et ne lui accorde aucune espèce d'importance.

J'ai trouvé ça beau et terrible à la fois...  Beau parce qu'un amour aussi absolu et fort est impressionnant et enviable. Terrible parce que, finalement, cette femme n'aura vécu que par et pour cet homme sans jamais se nourrir d'autre chose. Un amour qui, telle une drogue, rend accro et isole.

La force des sentiments est magnifiquement bien décrite, sans jamais tomber dans la mièvrerie, et je trouve que l'analyse des attentes de cet homme et de cette femme est bien pensée et très bien exprimée.


Même si les époques changent, on peut, encore aujourd'hui, entendre, lire ou voir ce genre d'histoire déchirante, ce qui fait de la nouvelle de Zweig un texte assez intemporel.

 

Note : 4,25/5

 

Passage choisi : "Je veux te révéler ma vie, cette vie qui véritablement n'a commencé que du jour où je t'ai connu. Auparavant elle n'était que trouble et confusion, et mon souvenir ne s'y replongeait jamais ; une sorte de cave où la poussière et les toiles d'araignée recouvrent des objets et des êtres aux vagues contours et dont mon coeur ne sait plus rien. Lorsque j'ai t'ai connu, j'avais treize ans, et j'habitais dans la maison que tu habites encore, dans cette maison où tu tiens maintenant entre tes mains cette lettre, mon dernier souffle de vie ; j'habitais sur le même palier, dans l'appartement en face du tien."

Publié dans Stefan Zweig

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Marie 26/03/2013 12:26


Un très beau texte sur le sentiment amoureux lu il y a déjà longtemps mais dont je me souviens très bien.

Nathalie 26/03/2013 19:13



Oui, un très beau texte...



Françoise de Sète 25/03/2013 19:15


J'aime beaucoup aussi cette nouvelle de Zweig.

Nathalie 25/03/2013 19:19



J'ai trouvé ça très poignant et terriblement bien raconté. Je crois que de nombreuses femmes se retrouvent un peu dans cette amoureuse passionnée...



calou 25/03/2013 18:12


Coïncidence... nous parlions, pas plus tard qu'hier après-midi, ta grand-mère et moi de cet auteur ; je suis un inconditionnel de Zweig : raffinement, intelligence, style au dessus de toute
critique !


4,25/5 on touche à l'excellence ! ! ! mérité, mérité !  

Nathalie 25/03/2013 19:18



Une très belle écriture et j'aime de plus en plus les nouvelles, donc Zweig me convient bien. J'en ai un autre en attente dans ma PAL. A suivre...