"Les lisières" de Olivier Adam

Publié le par Nathalie

Phénomène de cette rentrée littéraire 2012, "Les lisières" de Olivier Adam est encensé par les médias et était pressenti pour le Goncourt jusqu'à la publication de la première sélection par l'académie, le mardi 04 septembre. Il n'en fait pas parti...

 

J'ai découvert cet auteur avec son roman "Le coeur régulier" que j'ai lu il y a quelques mois et que j'ai beaucoup apprécié pour sa poésie et son émotion. "Les lisières" m'a laissé une toute autre impression, je dois avouer...


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Paul Steiner, écrivain vivant en Bretagne, vient de se séparer de sa femme. Toujours amoureux, il est torturé dès qu'il la croise et accepte difficilement de ne voir ses enfants que tous les quinze jours. Appelé au chevet de sa mère malade par son frère aîné avec qui il a une relation conflictuelle depuis toujours, Paul va devoir regagner la banlieue de son enfance où vivent toujours ses parents. Il va se confronter à ses souvenirs et replonger dans un monde qui n'est plus le sien et qu'il a fui. De rencontre en rencontre, Paul va petit à petit ouvrir les yeux sur sa propre existence mais également sur la réalité d'un monde en pleine crise sociale et économique.

 

La thématique est intéressante, bien qu'ayant un air de déjà-vu, mais j'ai trouvé le traitement trop fouillis. J'ai eu l'impression d'un mélange de roman et d'essai socio-économique. Tout y passe, le tsunami au Japon, la montée du FN, la précarité de l'emploi, la jalousie, la nostalgie, les relations père-fils, les non-dits, la sénescence... Comme si l'auteur avait voulu déverser en un long et puissant flot tout ce qu'il avait sur le coeur et dans la tête depuis des années.

 

La part très autobiographique de ce récit m'a interpellée car on retrouve dans ce livre des thèmes chers à Olivier Adam comme la gémellité ou le Japon. Mais, je trouve qu'il est très facile de faire une analyse d'une France engluée dans un contexte socio-économique très précaire pour des millions de personnes quand on est, soit même, en périphérie de ce contexte. Voici un roman qui dénonce certes des dysfonctionnements mais le public auquel il s'adresse est, en partie, le même qui est à l'origine de ce mal être. Quelle ironie !!!

 

Note : 2,75/5

 

Passage choisi : "Je suis un être périphérique. Et j'ai le sentiment que tout vient de là. Les bordures m'ont fondé. Je ne peux jamais appartenir à quoi que ce soit. Et au monde pas plus qu'à autre chose. Je suis sur la tranche. Présent, absent. A l'intérieur, à l'extérieur. Je ne peux jamais gagner le centre. J'ignore même où il se trouve et s'il existe vraiment. La périphérie m'a fondé. Mais je ne m'y sens plus chez moi. Je ne me sens aucune appartenance nulle part. Pareil pour ma famille. Je ne me sens plus y appartenir mais elle m'a définie. C'est un drôle de sentiment. Comme une malédiction."

Publié dans Olivier Adam

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