"Les agneaux du Seigneur" de Yasmina Khadra

Publié le par Nathalie

Après avoir lu "Ce que le jour doit à la nuit" (ici) de Yasmina Khadra, je me suis lancée dernièrement dans la découverte d'un autre de ses ouvrages, "Les agneaux du Seigneur", livre paru en 1998.


Les agneaux du seigneur

Ghachimat est un petit village d'Algérie semblable à tous les villages. On y retrouve les multiples sentiments (amour, jalousie, envie, haine...) que les uns portent aux autres. On y retrouve les hommes de pouvoir et ceux de l'ombre, ceux qui dirigent et ceux qui subissent en serrant les dents. Ghachimat vit une existence paisible loin de l'agitation politique et religieuse de la capitale jusqu'au jour où un enfant du pays revient après une peine de prison. A partir de là, les ressentiments vont surgir tel un diable de sa boîte. Progressivement, les vrais visages vont se révéler et le fanatisme religieux va pousser les enfants de Ghachimat à des crimes odieux au nom d'une certaine vision de la religion.

 

Allons droit au but, j'ai trouvé ce livre terriblement prenant et affreux à la fois. Non pas à cause de la forme, mais du fond. Le style de Yasmina Khadra est absolument magnifique et empli de poésie mais ses propos sont très durs. Il dissèque la montée du fanatisme religieux dans un microcosme et le fait tellement bien que j'étais mal à l'aise en lisant son ouvrage. Je n'ai pu m'empêcher de faire un parallèle entre la montée du nazisme dans l'Allemagne des années 1930 et celle de ce fanatisme musulman implacable et meurtrier, en lisant ce livre, tellement l'horreur est présente de façon brutale et inhumaine.

Je suis allée jusqu'au bout mais les propos m'ont profondément touchée et émue car la folie des hommes est tellement bien retranscrite dans les descriptions et la psychologie des personnages qu'un vrai malaise se faisait sentir au fil des pages.


Si l'auteur voulait remuer son lecteur, le faire réfléchir, il a pleinement réussi. Un livre marquant, percutant. Un cri de révolte. Bravo à Yasmina Khadra pour sa façon de raconter l'horrible et l'indicible !!! Un livre à lire avec le coeur et le moral bien accrochés, mais un livre à lire malgré tout...

 

Note : 4/5

 

Passage choisi : "Haj Salah resta silencieux pendant une minute, prostré, la tête dans les mains, comme s'il refusait de croire à ce qu'il vient d'entendre. Le moment qu'il redoutait est là. L'ogre se réveille en l'enfant qui ne comprend plus pourquoi, soudain, le besoin de châtier supplante celui de pardonner. Le poète avait raison : il y a immanquablement une part pour le Diable en chaque religion que Dieu propose aux hommes ; une part infime, mais qui suffit largement à falsifier le Message et à drainer les inconscients sur les chemins de l'égarement et de la barbarie. Cette part du Diable, c'est l'ignorance."

Publié dans Yasmina Khadra

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calou 30/04/2013 11:32


sublime, splendide écriture


tout le long de l'ouvrage on est à fleur de peau, tendu, angoissé et si triste de ce que la nature humaine peut contenir de noir et d'horrible


mais si magnifiquement écrit !!!! je partage à 100% ton ressenti et adhère à 100% à ton commentaire


Yasmina Khadra un de mes chouchous ! ! !


 

Nathalie 30/04/2013 20:02



Sujet très dur mais, encore une fois, traité avec un style magnifique. Khadra est fabuleux car il arrive à mettre de la poésie et de l'humour dans la plus noire et terrible des histoires !!!