"Le canyon" de Benjamin Percy

Publié le par Nathalie

Et un de plus !!!

Un livre conseillé par le libraire de l'Eclectique de +.

Un ouvrage lu de +.

Un article publié de +. 

Et un lecteur de + ? Ou deux, ou quinze ou... ?

 

Roman d'un jeune auteur américain, "Le canyon" est un livre intense et rugueux. L'ouvrage semble contenir deux histoires indépendantes l'une de l'autre, mais qui vont finalement se rejoindre dans les toutes dernières pages.

 

D'un côté, l'histoire d'un trio masculin, regroupant trois générations, parti pour un week-end de chasse dans un canyon qui va bientôt devenir un golf grand luxe avec lodge et restaurant. De l'autre, la rencontre entre une femme éprouvée par la vie et un vétéran de la guerre en Irak qui a eu une partie du crâne arrachée.

J'avoue que j'ai beaucoup apprécié la "première" histoire et un peu moins la "seconde" qui m'a semblé moins fouillée et pas forcément nécessaire.

 

Les chapitres portent le nom des principaux protagonistes et le récit se fait donc, à tour de rôle, selon le point de vue de chacun.

  Il y a :le-canyon.jpg

- Justin. Il est professeur. Son couple se délite depuis qu'un événement a anéanti sa femme. Il ne sait pas vraiment comment établir un lien avec son fils, Graham, trop sage, trop posé. Sa relation avec son propre père le fait souffrir car ce dernier l'a toujours considéré comme une moitié d'homme et a toujours cherché à lui imposer sa domination. Il lui en veut pour de nombreuse raisons, comme de l'avoir obligé à tuer un ours alors qu'il avait à peine douze ans ou parce qu'il pointe sur lui un regard toujours emprunt de mépris.

- Karen. C'est la femme de Justin. Depuis sa fausse couche, elle s'éloigne de plus en plus de son mari. Elle pratique le running à outrance afin d'oublier, de reprendre possession de ce corps qui l'a trahie. La relation soumise que son époux entretient avec son père lui déplaît fortement et l'éloigne encore plus de Justin. Elle laisse pourtant les deux hommes emmener Graham chasser pour quelques jours, et en profite pour jouir de cette liberté momentanée. Seuls impératifs : que Justin ne laisse pas Paul tyranniser Graham et que ce dernier revienne sain et sauf.

- Paul. Père de Justin, c'est un homme bourru qui considère que pour être un mec, il ne faut pas avoir peur, il faut savoir tuer avec son fusil et mettre un poing dans la gueule de celui qui vous ennuie. Il tyrannise son fils et lors de ce week-end à trois, il va essayer de faire de Graham, l'homme qu'il aurait aimé que soit Justin. Pour cela, il va lui offrir son premier fusil, lui faire boire sa première bière et lui faire côtoyer tous les dangers.

- Brian. Vétéran de la guerre en Irak, il est revenu au pays après avoir eu une partie du crâne emportée par une bombe. De la guerre, il lui reste une cicatrice sur le front et des migraines effroyables qui surgissent sans prévenir. Il a du mal à s'intégrer depuis son retour et son comportement a tout l'air de celui d'un sociopathe. Il a repris l'entreprise de serrurerie de son père et c'est en dépannant Karen qu'il va faire sa connaissance.

 

Je ne veux pas entrer dans les détails de l'histoire pour ne pas déflorer le sujet mais je dirais qu'il s'agit d'un récit nerveux distillant une angoisse qui saisit le lecteur par petites touches au fur et à mesure des pages, et ce, jusqu'à la fin. C'est une très belle histoire sur les relations père-fils qui peuvent s'avérer très difficiles. C'est aussi un beau récit d'aventures avec des descriptions de paysages ou de scènes de chasse magnifiques dans lequel le canyon a un véritable rôle de personnage principal.

Comme je le disais au début, j'ai beaucoup apprécié le week-end de chasse car c'est la partie la plus dynamique et la plus empreinte de doutes, de questionnements et d'angoisses. La relation qui unit Justin à son père est extrêmement bien décrite et éprouvante pour le lecteur, car il faudra que Justin soit poussé à bout, jusqu'à risquer sa vie et celle de Graham pour qu'il puisse enfin s'affranchir du pouvoir que Paul a toujours eu sur lui. Les descriptions sont efficaces et nous entrainent dans un univers qui conviendrait bien à un film. Clint Eastwood, si tu me lis... ;-)

La partie relatant la vie et les pensées de Karen pendant ce moment de liberté et sa rencontre avec Brian, qui fantasme sur elle jusqu'à s'introduire dans sa maison, m'a nettement moins intéressée, même si le personnage de Brian, en vétéran barré, hanté par des visions étranges, est un personnage intéressant et bien construit.

 

Note : 4/5

 

Passage choisi : "Et pendant un moment, ils sont aussi proches que son père a toujours voulu qu'ils soient, à la manière d'antan, comme les hommes dans les westerns, qui se frappaient affectueusement et riaient grassement autour du feu de camp."

Publié dans ROMANS

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Commenter cet article

calou 13/02/2012 18:24

ouf ouf intéressante à suivre cette présentation qui a le rythme de la première partie (déduction oblige)

Nathalie 13/02/2012 18:44



Après une telle course, on s'étire... et on s"hydrate...


Celui-là, je ne pourrai pas te le prêter, je l'ai rendu.