"La vie sans fards" de Maryse Condé

Publié le par Nathalie

Et voilà le 4ème ouvrage en lice pour le Prix Littéraire roman 2012 - France Télévisions. J'ai été surprise de le découvrir dans la sélection car il s'agit d'une autobiographie et non d'un roman. J'en saurai sûrement plus lors de la matinée de délibérations...

 

Maryse Condé, guadeloupéenne, née à Pointe-à-Pitre, est l'auteure de nombreux romans publiés depuis le début des années 80, comme Ségou, La Vie scélérate (prix de l'Académie Française), Désirada ou encore Moi, Tituba, sorcière de Salem (Grand Prix Littéraire de la Femme).


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Dans "La vie sans fards", Maryse Condé revient sur son parcours, de sa rencontre avec son futur mari, Mamadou Condé, en 1958, à son installation au Sénégal quelques années plus tard. Installation coïncidant avec sa rencontre avec Richard qui la ramènera en Europe, sur sa terre natale et l'aidera à entamer une carrière littéraire.

 

Avec ce livre, Maryse Condé annonce vouloir livrer "[la] réflexion d'un être humain cherchant à se réaliser pleinement." Il s'agit pour elle d'une oeuvre racontant "une femme aux prises avec les difficultés de la vie".

 

Il est vrai que la vie de Maryse Condé n'a pas toujours été un long fleuve tranquille. On s'en rend compte à la lecture de ces quelques 300 pages. Ses difficultés à rencontrer l'amour, à trouver un travail, à s'occuper de ses 4 enfants. Ses difficultés à s'intégrer dans les pays d'Afrique qu'elle traverse et où elle est perçue comme étrangère à cette terre malgré les origines de ses ancêtres... Vaillament Maryse Condé essaie de concilier sa vie de femme et sa vie de mère tout en cherchant à se trouver une identité en tant qu'antillaise sur le sol africain.

 

Je dois dire que si le style est agréable et de qualité, je n'ai pas du tout accroché lors de ma lecture, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, Maryse Condé fait beaucoup de références à ses précédents ouvrages, or je n'en avais lu aucun. Ensuite, elle parle des vies politique et culturelle africaines dans les années 60, et là non plus, je ne suis pas très informée, car trop jeune. Pour finir, je crois enfin pouvoir affirmer que l'autobiographie n'est pas un genre littéraire qui me séduit. J'avais cru m'en apercevoir en lisant "Un pedigree" de Patrick Modiano, il y a quelques semaines, mais là, cela se confirme !!!

Par contre, j'envisage de découvrir son écriture au travers d'un de ses romans prochainement, ce qui est plutôt positif au final...

 

Note : 2,75/5

 

Passage choisi : "Mon voyage à Abidjan peut se comparer moqueusement à la première sortie du bouddha quand lui apparurent d'un même coup la pauvreté, la maladie, la vieillesse et la mort. Je ne connaissais que le monde des privilégiés. Mon expérience était fort limitée. Si je m'étais rendue à maintes reprises en Italies, en Espagne et aux Pays-Bas, c'était pour visiter des musées ; à Londres, c'était aussi pour visiter les musées et apprendre l'anglais."

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Evelyne de Rycker-Carette 07/12/2012 15:58


Cet ouvrage n'est pas vraiment un roman; il permet de plonger directement dans les problèmes de racisme, d'intégration et d'adaptation à d'autres lieux, d'autres cultures. La démarche de
l'auteure est louable: raconter sa vie, sans fard, sans masque après la parution d'autres livres dans lesquels elle avait enjolivé les choses.Tout au long des pages, nous sommes face à un dilemme
presque universel, celui de la femme partagée entre sa  vie de mère et sa vie professionnelle et personnelle.Il y a un peu trop de repères dans le temps et dans l'espace, trop de références
littéraires et des renvois à des personnages historiques connus et inconnus. Cela m'a semblé alourdir le texte; j'y ai trouvé un manque de fluidité, de légèreté. Bien sûr le thème n'était pas
frivole mais le style était un peu académique et ampoulé. J'ai lu jusqu'au bout, par solidarité féminine et féministe, espérant que l'héroïne finisse par comprendre qu'elle se fourvoyait toute
seule dans des labyrinthes qu'elle aurait pu éviter.

Nathalie 07/12/2012 18:37



Je ne connaissais pas Maryse Condé, mais après cette lecture je compte bien essayer un de ses romans. Par contre, "La vie sans fards" m'a été donnée à lire sans que j'en ai les clefs (auteure
inconnue, oeuvres précédentes inconnues...) et toutes les références à son univers ne m'ont donc pas particulièrement touchée. De plus, comme toi, j'ai eu l'impression qu'elle ne fournissait pas
tous les efforts nécessaire pour s'intégrer ce qui m'a un peu révoltée.



calou 04/12/2012 11:50


avis plus que mitigé

Nathalie 04/12/2012 17:52



Heu, oui... ça arrive !!!