"La réparation" de Colombe Schneck

Publié le par Nathalie

Colombe Schneck est journaliste de télévision et de radio mais également auteure. Ses précédents ouvrages ont été récompensés par plusieurs prix littéraires. "La réparation" est son cinquième livre.


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Aujourd'hui, une petite fille porte le prénom de Salomé, et ce, un peu par hasard. Cette fillette pleure la nuit et sa mère a souvent peur. Peur que ses enfants ne meurent avant elle, peur de râter son train...

Autrefois, en 1943, dans le ghetto de Kovno (aujourd'hui Kaunas), en Lituanie, vivait la très jolie petite Salomé, fille de Raya Berstein. D'elle, "il ne reste rien".

 

Colombe Schneck va se pencher sur l'histoire familiale et, particulièrement, sur ce qui a pu arriver à la petite Salomé, née en 1936, ou en 1937.

Elle va enquêter parmi les quelques membres de sa famille qui ont survécu à la Shoah afin de savoir comment Salomé a pu disparaître (ou presque) des mémoires. Elle va, par la même occasion, apprendre l'histoire de son arrière-grand-mère, de sa grand-mère, de ses oncles, de ses tantes dans la Lituanie en guerre... Elle découvrira les non-dits, l'envie de vivre, les différentes manières de revenir à la vie après une telle épreuve, les choix de chacun, les raisons de ces choix. Elle comprendra mieux l'attitude de sa mère et ses propres peurs.

 

Colombe Schneck a, encore une fois, fait le choix de s'attaquer à un secret  concernant son histoire familiale, comme elle a pu le faire précédemment dans un livre comme "L'increvable Monsieur Schneck" qui racontait l'histoire de son grand-père assassiné après la seconde guerre mondiale. Elle nous donne à lire un ouvrage émouvant qui tient du témoignage et de la réflexion sur "la survivance" et ce que cela engendre aussi bien pour ceux qui sont directement concernés que pour leurs proches ou leurs descendants.

 

J'ai trouvé ce livre intéressant et justement écrit. L'auteure nous donne l'impression d'ouvrir un épais album de famille dans lequel se mêlent la petite et la grande histoire. Elle nous raconte son enquête, ses hésitations à tourner certaines pages trop sensibles, mais également son besoin quasi viscéral d'en savoir plus, elle qui a grandi dans une famille où "on ne parlait pas de ça".

Au final, de l'émotion, sans tomber dans le pathos, et un ouvrage agréable à lire, même si je n'ai pu m'empêcher de libérer quelques larmes vers la fin. Je me suis également rendue compte, moi qui ne suis pas concernée directement par ce pan de l'Histoire, que les répercutions de ce qui a été subi pendant les années 40 par les populations juives n'ont pas fini de se faire sentir, consciemment ou non, sur les générations suivantes.

 

Note : 4/5

 

Passage choisi : "Salomé Berstein, dont ma fille porte le beau prénom, était la fille de Raya, la soeur de ma grand-mère maternelle Ginda.

Ma grand-mère GInda est née en 1908 en Lituanie dans une famille juive, aimante, cultivée. Elle avait deux soeurs, Raya et Macha, et un frère, Nahum, qui sont restés vivre en Lituanie, quand Ginda a choisi de venir faire ses études  en France en 1924 et s'est mariée avec un médecin d'origine russe. Ma mère Hélène est née, puis mon oncle Pierre. De Salomé, il ne reste qu'une photo.

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