"La petite fille de Monsieur Linh" de Philippe Claudel

Publié le par Nathalie

Petit roman de Philippe Claudel paru en 2005 et prêté par ma cop's Anne-C. Merci pour cette participation active à mon blog !!!;-)


La petite fille de Monsieur Linh0001

L'auteur met en scène un vieil homme , Monsieur Linh, qui est obligé de fuir son pays ravagé par la guerre (le Vietnam ? la Corée ? Rien ne l'indique vraiment...).

Pour tous bagages, il possède une photo jaunie, un sac contenant la terre de son village et un nouveau né, sa petite-fille, Sang diû (Matin doux).

Un beau jour, après une longue traversée en bateau, il se retrouve dans un pays froid, un pays qui n'a pas d'odeur et qui ne ressemble pas du tout à celui de ses ancêtres. Comme des milliers d'autres, il va être accueilli avec la fillette dans un centre pour réfugiés. Accroché à ses souvenirs, il va se forcer à se nourrir et à sortir de son dortoir pour le bien de Sang diû, qu'il chérit avec autant de tendresse que de maladresse.

Il passe auprès des autres exilés pour un vieux fou, mais va néanmoins réussir à se faire un ami en la personne de Monsieur Bark, veuf et esseulé, comme lui. Leur amitié, malgré la barrière de la langue, va les réconforter et leur apporter la chaleur qui leur faisait défaut.

 

Ce roman sur l'exil et le statut de réfugié est un ouvrage émouvant mais sans pathos. Monsieur Lihn est un personnage attachant que le lecteur voit évoluer dans un pays et une culture qui lui sont inconnus. Il choie sa petite fille avec amour et souhaite la voir grandir afin de lui transmettre des souvenirs et une culture qu'il est le dernier maillon de la famille à détenir.

Sa relation, au-delà des mots, avec Monsieur Bark, ancien vétéran, va lui procurer une immense joie et semble être le seul point fort auquel il peut se raccrocher. Lorsqu'il va se retrouver enfermé au Château, il va d'ailleurs tout faire pour s'en échapper et le rejoindre.

 

Philippe Claudel livre un roman plein de pudeur et d'espoir qui apparaîtra sûrement assez sombre, à la fin, car il nous réserve un dénouement surprenant. Un roman sur le statut de l'exilé et sur son besoin de renouer des liens afin de survivre. Cette nécessité nous est démontrée dans la relation entre les deux hommes, relation qui n'est pas à sens unique puisque Monsieur Linh va tout autant sauver Monsieur Bark que l'inverse.

 

C'est une lecture agréable et rapide, au style poétique, qui soulève des questions intéressantes sur les besoins des réfugiés qui arrivent dans un pays inconnu et qui doivent, en plus de panser leurs blessures, reconstruire une nouvelle vie.

 

Note : 4/5

 

Passage choisi : "Parfois, il murmure une chanson à la petite, toujours la même, et il voit les yeux du nourrisson s'ouvrit et sa bouche aussi. Il la regarde et il aperçoit davantage que le visage d'une très jeune enfant. Il voit des paysages, des matins lumineux, la marche lente et paisible des buffles dans les rizières, l'ombre ployée des grands banians à l'entrée de son village, la brume bleue qui descend des montagnes vers le soir, à la façon d'un châle qui glisse doucement sur les épaules."

Publié dans Philippe Claudel

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Evelyne de Rycker-Carette 11/01/2013 11:31


Tout à fait d'accord avec vous; c'est un livre merveilleux!

Nathalie 11/01/2013 20:16



Une belle histoire, très émouvante et formidablement bien traitée...



calou 08/06/2012 09:26

Un livre conseillé par ma Moman il y a déjà longtemps. Je m'y suis totalement immergé car il ne parle, il ne raconte, il ne poètise que sur l'humain et avec un art de l'écriture qui caresse
l'oreille même si le texte est lu dans sa tête !

Nathalie 08/06/2012 17:24



Oui, tout à fait. Un délice de la littérature. A savourer...