"La femme au miroir" de Eric-Emmanuel Schmitt

Publié le par Nathalie

Livre publié en 2011 chez Albin Michel, il m'a été prêté par Marie-Laure, une collègue. C'est mon troisième Eric-Emmanuel Schmitt après "Oscar et la dame en rose" et "La part de l'autre". Bien que très différents, de par leur thématique et le traitement qui en était fait, ces deux ouvrages avaient su me plaire.

La femme au miroir0001

"La femme au miroir" brosse les portraits croisés de trois femmes ayant vécu chacune à des époques différentes. Un élément fédérateur toutefois, un destin hors du commun pour ces femmes qui aspirent au bonheur et ne veulent pas se couler dans le moule prévu par leur condition, leur sexe et leur époque.

Anne, jeune femme simple et bonne, vit à Bruges à la Renaissance. Elle est emplie d'une croyance en la nature, la bonté et l'amour que certains rapprochent de la foi.

Hanna vit dans l'Autriche du début du XXème siècle. Son mariage avec un riche bourgeois lui laisse un sentiment de vide qu'elle cherche à combler d'une étrange manière. En cherchant à découvrir l'origine de son mal-être, elle va suivre une des premières analyses psychanalytiques d'un disciple de Freud.

Anny, actrice hollywoodienne, brûle sa vie par les deux bouts entre sexe et drogues. Elle ne se sent exister que quand elle joue un rôle et que la caméra tourne.

Ces trois femmes se sentent différentes, voilà ce qui les lie à travers les époques et qui va finalement les rassembler.

Un livre et trois histoires. En fait, j'ai eu du mal à pénétrer dans cet ouvrage car les trois récits paraissent très distincts et on se demande quel tour de passe-passe l'auteur va sortir de son chapeau à la fin pour mettre du liant. Finalement, il s'agit d'une grosse ficelle déjà utilisée par de nombreux écrivains. J'ai été déçue par ce roman au point de ne pas reconnaître la plume qui m'avait émue ou fait cogiter au cours de mes deux lectures précédentes. J'ai eu l'impression de lire du Danielle Steel (ou même de la chick-lit pour la partie consacrée à Anny), pas du Eric-Emmanuel Schmitt. Dommage !!! Ce qu'on accepte d'un auteur n'est pas forcément ce qu'on espère d'un autre...

Peut-être que trois portraits de femmes distincts, sous forme de nouvelles par exemple, auraient mieux servi le propos. Car propos il y a, Eric-Emmanuel Schmitt abordant le statut de la femme à travers les âges et les moyens trouvés par certaines pour s'échapper d'un carcan lourd à porter. Je trouve juste que le sujet est traité de manière trop éparpillée et brouillonne pour véritablement porter ses fruits.

Je dois avouer cependant avoir bien ri pendant quelques pages lors de la narration par Hanna de certaines de ses séquences de psychanalyse. J'imagine, en effet, que la démarche devait surprendre à l'époque où cette pratique connaissait ses premiers balbutiements...

Note : 2/5

Passage choisi : "- Je me sens différente, murmura-t-elle. Personne ne prêtait attention à ses mots. Tandis que les matrones s'agitaient autour d'elle, celle-ci arrangeant un voile, celle-là une tresse, cette autre un ruban, alors que la mercière raccourcissait son jupon et que la veuve de l'arpenteur lui enfilait des chaussons brodés, la jeune fille immobile avait l'impression de devenir un objet, un objet passionnant certes, assez affriolant pour mobiliser la vigilance des voisins, un simple objet cependant."

Publié dans Eric-Emmanuel Schmitt

Commenter cet article

graine de blé noir 11/01/2013 17:55


Je comprends ce que tu dis. J'ai adoré "Oscar et la Dame Rose", "Odette toulemonde" et "La rêveuse d'Ostende". Mais je n'ai pu lire qu'une dizaine de pages de "l'Evangile selon Pilate" (du fait
de ma culture catholique ? Peut-être... Mais aussi du style, je pense). Je crois aussi que chaque écrivain peut écrire du très bon, et du moins bon... A l'occasion, je tenterai quand même "la
femme au miroir".

Nathalie 11/01/2013 20:36



Oui, il faut tenter, car je pense aussi que selon les moments de la vie, le moral qu'on a ou tout simplement les lectures qui précèdent un livre peu parfois ne pas trouver d'écho chez celui qui
le lit. Je ne m'avoue donc pas donc battue et compte bien relire du Schmitt...



Evelyne de Rycker-Carette 11/01/2013 15:34


Il faut lire "Les 10 enfants de Mme Ming" et "Mr Ibrahim et les fleurs du Coran" pour rentrer dans le monde secret d' Eric  - Emmanuel Schmitt.Il y a de la fantaisie, de la réalité. Quelle
belle écriture !!!

Nathalie 11/01/2013 20:30



Sur 3 E.E. Schmitt lus, seul un ne m'a que moyennement plu, donc j'ai bien l'intention de réitérer prochainement. J'ai entendu parler de "M. Ibrahim et les fleurs du Coran", je vais peut-être
poursuivre ma découverte de l'auteur avec celui-ci, donc.



NANOU 03/01/2013 09:56


je te trouves bien sévère pour cette FEMME AU MIROIR  , plus exactement pour l'auteur.


même auteur ne veut pas tjrs dire même écriture , ni même style . si tu n'avais pas connu le nom de l'écrivain  aurais tu pensé  de la même manière ? 


évidemment  nous sommes tous libres de ressentir différemment les lectures , heureusement . cela permet des échanges et dans notre monde individualiste ce n'est pas superflu !


continue d'exercer tes talents de critique tu incites sûrement les lecteurs à découvrir tes ouvrages . bisous .


 


 

Nathalie 03/01/2013 10:54



Je sais bien que même auteur peut vouloir dire écriture et style différents puisque les 2 livres que j'avais lus de lui, avant "La femme au miroir", n'avaient rien à voir. Mais ils
avaient su me plaire, eux,... pas celui-là !!!


Peut-être ma note aurait-elle été un petit peu plus haute si ça n'avait pas été du Schmitt, mais un auteur inconnu, en effet, mais elle correspond aussi à ma déception...


D'un autre côté, j'aurais dû me méfier, mon libraire m'avait déconseillé de l'acheter à sa sortie !!! Et la copine qui me l'a prêté l'a trouvé assez "fouilli" aussi.


Pourtant, comme tu le dis si bien, les ressentis peuvent être différents d'une personne à l'autre et j'ai vu des articles de blog avec de bonnes critiques. Cet article n'est que MON avis et,
heureusement, il n'a rien d'universel. Les goûts et les couleurs...