"Haut et court" de Philippe Cohen-Grillet

Publié le par Nathalie

Cette fois-ci, c'est Jean-Claude, de la librairie "L'Eclectique" qui m'a suggéré la lecture de ce premier roman du journaliste Philippe Cohen-Grillet, sorti pour la rentrée littéraire 2012.

 

Ce récit prend ses racines dans un fait divers tragique de septembre 2007. Dans la petite ville de Coulogne, Nord-Pas-de-Calais, les gendarmes découvrent les quatre membres d'une famille pendus dans la véranda de leur maison. Une enquête aura lieu qui conclura à un suicide collectif sans mobile apparent.


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Dans "Haut et court", l'auteur reprend ce point de départ et explique par la voix du narrateur, le fils, l'enchaînement des faits qui ont amené un père, une mère et leurs deux enfants à commettre un acte irrémédiable. Il ne s'agit pas d'une enquête, mais tout simplement de l'envolée imaginaire d'un écrivain qui a sans doute été interpellé par cet "accident de la vie" et qui a tenté d'expliquer la descente aux enfers d'une famille lambda en période de crise économique.

 

Livre plein d'humour noir qui parle d'un quotidien dans lequel peuvent se reconnaître nombre de français, ce premier roman est une réussite.

Philippe Cohen-Grillet allume ses projecteurs sur une vie familiale somme toute normale, vie qui va peu à peu se transformer en tragédie quand ses membres vont se retrouver broyés par un système qui laisse de moins en moins sa chance aux classes moyennes.

La narration retrace les dernières journées vécues par cette famille et assemble les pièces du puzzle qui vont nous permettre de comprendre les circonstances d'une telle décision collégiale. La goutte d'eau qui fait déborder le vase et dicte d'aller acheter de la corde d'alpinisme chez Décathlon...

Le fait que ce soit le fils, post-mortem, qui nous raconte leur vie donne au roman un ton décalé et absurde très plaisant car en plus de narrer la succession de faits qui les a poussés vers le suicide, il commente l'enquête de gendarmerie, la réaction du voisinage et même l'enterrement.

Voici un récit vif, agréable à lire et à l'humour teinté d'ironie.

 

Note : 3,75/5

 

Passage choisi : "Ce jour-là, en début de soirée, un peu avant l'heure de l'apéritif que nous ne prenons jamais, papa nous a réunis dans la salle à manger et a déclaré : "Aujourd'hui, plutôt que de passer à table, on va se passer la corde au cou."

Sur le coup, j'ai un peu regretté. Non pas que je n'avais plus envie de me foutre en l'air. J'en avais autant envie que d'habitude, ni plus, ni moins. Mais on était mercredi. Et le mercredi, c'est le jour où maman nous prépare des tomates farcies."

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calou 04/09/2012 17:54


mercredi jour des tomates farcies face à la corde au cou alors là le ton est donné ...ton très attrayant s'il en est !

Nathalie 04/09/2012 20:15



Il en est !!!