"Dans le jardin de la bête" d'Erik Larson

Publié le par Nathalie

"Dans le jardin de la bête", publié au Cherche Midi en 2012, est un livre qui m'a été prêté. Erik Larson, son auteur, est un écrivain américain de romans historiques et de romans policiers. Il a déjà écrit trois best-sellers dont "Le Diable dans la ville blanche" vendu à plus de deux millions d'exemplaires.


dans le jardin de la bête

"Dans le jardin de la bête" est un roman qui tient du thriller politique. Pourtant, c'est un livre qui, basé sur une documentation très fournie (voir les 70 pages de notes en fin d'ouvrage et la bibliographie utilisée) évoque des événements réels qui se sont déroulés en Allemagne et plus précisément à Berlin en 1933-1934 lors de la montée au pouvoir d'Adolf Hitler et de son parti.

 

Le point de départ de son histoire est l'installation du nouvel ambassadeur américain à Berlin, William E. Dodd,  en 1933, en pleine ascension d'Hitler. Professeur, pas du tout rompu au rôle diplomatique qu'il a accepté d'endosser, pensant avoir le temps d'achever son livre en cours, Dodd s'installe dans la capitale Allemande avec sa femme et sa fille, Martha. Celle-ci, séduisante et volage, va vite être séduite par de hauts dignitaires nazis, mais en même temps, par un espion russe qui la convaincra d'utiliser ses relations pour fournir des informations à l'Union Soviétique. Sous l'oeil inquiet de Dodd, qui tente d'en informer ses supérieurs, la montée du nazisme va immanquablement avoir lieu et les forces en place vont se livrer à une terrible danse dont l'enjeu est le pouvoir absolu .

 

Pas vraiment portée sur les romans historiques, j'ai rechigné à prendre ce livre sur ma PAL durant plusieurs semaines. Finalement, je me suis dit que je pouvais profiter des vacances pour attaquer cette lecture sérieuse. Et bien, je suis rentrée dedans beaucoup plus facilement que je ne m'y attendais car, effectivement, Erik Larson a su écrire un roman-documentaire captivant.

Je suis d'accord avec Philip Kerr quand il annonce que c'est "un document sidérant qui se lit comme un thriller !". J'ai été, en effet, sidérée de découvrir à quel point Adolf Hitler avait eu les mains libres durant les années 30 pour pouvoir asseoir son pouvoir et imposer le parti nazi comme fer de lance de l'Allemagne.

A travers les échanges épistolaires de Dodd avec les Etats-Unis, on se rend bien compte que nombreux étaient ceux qui sentaient le feu couver en Europe, mais que peu ont véritablement pris les choses en main pour contrecarrer les plans d' Hitler. J'ai également été sidérée de voir à quel point Hitler avait la main mise sur son peuple, au point d'obliger les allemands à se rendre aux urnes, même ceux qui étaient alités et malades. Un anecdote m'a également marquée, les bonbons préférés du Fuhrer étaient estampillés de la croix gammée. Jusqu'où va se nicher la propagande et le fanatisme !!!


Sur un plan moins historique, l'attitude de Martha m'a également interpelée. Elle semblait ne pas vouloir voir la réalité allemande et passait surtout beaucoup de temps à séduire les hommes. Ses commentaires paraissent parfois très naïfs avec le recul. Elle a cependant eu une vie riche en rebondissements et en aventures.

 

Très bien documenté, ce roman historique est plutôt bien mené par Erik Larson, même si je n'ai pu m'empêcher d'y trouver quelques longueurs et répétitions. A lire si vous voulez plonger en plein coeur du Berlin des années 30 et cotoyer la Bête ...

 

Note : 3,75/5

 

Passage choisi : "Pour elle, cependant, la perspective de l'aventure qui les attendait balaya bientôt tout sentiment d'inquiétude. Elle savait peu de choses de la politique internationale et, de son propre aveu, ne se rendait pas compte de la gravité de ce qui se jouait en Allemagne. Elle voyait en Hitler "un clown qui ressemblait à Charlie Chaplin". Comme beaucoup d'autres à l'époque, aux États-Unis et ailleurs dans le monde, elle ne pouvait imaginer qu'il resterait longtemps en place ni le prendre au sérieux. S'agissant de la situation des Juifs, elle était partagée. Inscrite à l'Université de Chicago, elle avait connu "la propagande subtile et sous-jacente parmi les étudiants en première année" qui prônait l'hostilité à l'égard des Juifs. Martha constata "que même beaucoup de professeurs supportaient mal l'intelligence brillante de certains de leurs collègues ou étudiants juifs". Elle précise pour elle-même : "J'étais légèrement antisémite en ce sens : j'acceptais l'idée que les Juifs n'étaient pas aussi séduisants physiquement que les gentils et étaient socialement moins intéressants." Elle adhérait également au cliché selon lequel si les Juifs étaient généralement brillants, ils étalaient leurs richesses et se mettaient trop en avant. En cela, elle reflétait l'opinion d'une proportion surprenante d'Américains, comme ce fut noté dans les années 1930 par des professionnels de l'art naissant des sondages."

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calou 06/05/2013 16:03


dommage que cela soit un prêt car je guette le commentaire depuis sa pré-présentation sur ton blog


je me serai fait un grand plaisir à le lire ! 

Nathalie 06/05/2013 17:54



Dommage, mais si ça n'avait pas été le cas, je ne l'aurais sans doute pas lu, car pas acheté !!! Tu devras l'emprunter ailleurs que dans ma bibliothèque !!! ;-)° Bizz