"Bétibou" de Claudia Pineiro

Publié le par Nathalie

Bétibou"Bétibou", roman de 396 pages, a été publié chez Actes Sud en février 2013.

Claudia Pineiro est née en 1960 à Burzaco, dans la province de Buenos Aires. Elle est romancière, dramaturge et auteur de scénarios pour la télévision. Elle invente des histoires dont le succès dépasse le cadre de l'Argentine : ses romans sont traduits dans de nombreux pays. "Les Veuves du jeudi" (2009), a été récompensé par le Prix Clarín. "Elena et le roi détrôné" est paru en janvier 2011, également chez Actes Sud.

 

Voici le début de la présentation que l'on peut lire en 4ème de couverture : "Dans un écrin de verdure à la périphérie de Buenos Aires, un “country club” ultra-protégé, un homme est trouvé la gorge tranchée. Tout porterait à croire qu’il s’agit d’un suicide si, quelques années auparavant, son épouse n’avait connu le même sort."

 

Cela laisse présager d'un polar noir et nerveux mais finalement, "Bétibou" dépeint plutôt l'Argentine contemporaine et pointe du doigt la corruption, la soumission des médias aux politiques et le pouvoir de l'argent.

 

Alors que le commissaire Venturini enquête sur la mort de Pedro Chazarreta, Nurit Iscar, romancière, Jaime Brenna, journaliste chevronné mais mis sur la touche, et un novice de la rubrique Faits Divers cherchent eux aussi à découvrir la vérité, à leur manière...

 

Personnellement, je trouve ce roman bavard et long à démarrer. Les 200 premières pages n'ont pas su m'accrocher et j'ai peiné à leur lecture. Comme j'ai voulu aller jusqu'au bout, j'ai finalement découvert une fin d'histoire nettement plus intéressante mais pas suffisamment pour que l'impression générale soit positive. Et pourtant, les personnages sont intéressants et bien croqués, mais le style est trop compact, avec ses dialogues inclus dans la narration, et il y a trop de redondances à mon goût, d'où un rythme qui peine à décoller. Dommage, car l'intrigue est finalement plutôt intéressante !!!

 

Note : 2,5/5

 

Passage choisi : "C'est le lundi que l'on met le plus de temps à entrer au Country Club La Maravillosa. La file des employées de maison, des jardiniers, maçons, plombiers, charpentiers, électriciens, chauffagistes et autres ouvriers du bâtiment semble ne jamais devoir finir. Gladys Varela en sait quelque chose. Voilà pourquoi elle peste, debout devant le portique auquel est accroché le panonceau "Personnel et fournisseurs", et précédée d'au moins quinze ou vingt personnes qui essaient comme elle d'entrer. Elle peste de ne pas avoir fait réactiver la carte à puce électronique avec laquelle elle aurait pu entrer directement. Il faut dire que cette carte n'est valable que deux mois, et les horaires auxquels elle pourrait la faire réactiver ne coïncident pas avec ses horaires de travail chez M. Chazarreta. Et M. Chazarreta n'a pas bon caractère. Il a l'air peu aimable, du moins, et cet air qu'il a intimide Gladys. Bien qu'elle ne sache pas dire si c'est parce qu'il est bourru, hargneux ou peu bavard qu'il la regarde avec une telle expression. Mais, quelle qu'en soit la raison, c'est pour cela qu'elle n'a pour l'instant jamais osé lui demander de repartir plus tôt ou de prendre un moment pour se rendre au poste de garde pour y faire renouveler sa carte d'accès. À cause de l'air avec lequel il la regarde. Ou qu'il ne la regarde pas, car en fait, il est rare que M. Chazarreta fasse cela. La regarder. La regarder, elle."

Publié dans ROMANS DU MONDE

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calou 17/07/2013 09:04


J'adhère à 100% au commentaire de Françoise à qui j'adresse un amical bonjour.


 

Nathalie 17/07/2013 10:33



Merci beaucoup également !!! Bizz



françoise 16/07/2013 23:52


Je suis admirative de la manière dont tu campes si bien, l'histoire, les personnages et le recul avec lequel tu analyses l'écriture du bouquin....


Moi je lis, et tout ce que je suis capable de dire, c'est "j'ai aimé ou je n'ai pas tellement aimé"


Pour les livres se passant en Argentine, j'ai tellement de plaisir à retrouver la vie de ce pays que j'adore, que je manque complètement d'esprit critique. Dans un genre différent, j'ai adoré
Mapuche de Caryl Ferey...sur l'Argentine aussi!


Merci pour tes critiques interessantes, je vais lire "moins idiot" !!! ;)


 

Nathalie 17/07/2013 10:33



Merci beaucoup Françoise pour ce gentil compliment !!!


En fait, ça vient au fur et à mesure... Si tu regardes mes premiers articles, ils étaient beaucoup moins construits que maintenant.


Mais, bon, juste le ressenti suffit pour lire un livre, et il n'y a pas de lecture "idiote" tant que le sujet nous intéresse et nous touche.


Faudra que j'essaie "Mapuche"... ;-)



calou 05/07/2013 15:15


effectivement l'extrait choisi parle de lui-même et confirme ton appréciation du style


des points négatifs, des points positifs et en définitive une note pile à la moyenne...!!!


En ce moment je suis "dans" 22 Britannia road...je me régale...un aspect très particulier de ce livre : tous les personnages sont attachant malgré leurs faiblesses...


biz 

Nathalie 05/07/2013 17:16



Bonne lecture alors !!! ;-)


Pas de "Bétibou" pour toi car je viens de le rendre à ma collègue... Bizz