"Au-delà du mal" de Shane Stevens

Publié le par Nathalie

Voici un nouvel ouvrage prêté par une collègue. Un pavé de 759 pages qui a occupé plusieurs de mes soirées... Merci Anne-C. !!! ;-)

 

Ce thriller a été écrit par un américain, Shane Stevens, qui a produit cinq livres entre 1966 et 1981. Encensé par des auteurs comme James Ellroy ou Stephen King (qui lui a même rendu hommage dans "La part des ténèbres"), il est retourné, depuis, dans l'anonymat le plus complet. Il est même probable que son nom soit un pseudonyme. Les éditions "Sonatine" l'ont fait découvrir en France à partir de 2009 après "plus de vingt-cinq ans de malédiction éditoriale" (!).

 

Voici la première phrase de l'ouvrage, celle qui vous donnera le ton : "Les flammes dévoraient le corps voracement, elles le flétrissaient, ravageaient à toute vitesse la chair et les muscles." Âmes sensibles, s'abstenir...


Au-delà du mal0001

Thomas Bishop, 10 ans, est placé dans un institut psychiatrique après avoir assassiné sa propre mère. Quinze années passent, pendant lesquelles il va s'évertuer à maîtriser ou dissimuler les démons qui l'habitent. Quinze années au bout desquelles il va s'échapper et commencer à perpétrer des crimes abominables dont les victimes sont (presque) exclusivement des femmes.

Petit à petit, l'Amérique entière va être terrorisée par ce tueur implacable et rusé sur lequel personne ne sait rien et que personne n'arrive à débusquer. Traversant les États-Unis et semant derrière lui des cadavres de femmes sauvagement mutilées, Thomas Bishop va se retrouver pourchassé par la police, les journalistes et la pègre. Persuadé d'être le digne héritier de Caryl Chessman, il veut montrer à tous qu'il est capable d'anéantir les "monstres" à l'origine de tous les malheurs des hommes. Va commencer alors une gigantesque traque doublée d'une partie d'échec redoutable entre Bishop et un brillant journaliste, Adam Kenton, jusqu'à un final fort en adrénaline.

 

Voici quelques-unes de mes réflexions "post-lecture" :

1) Je dois avouer que ce thriller est à couper le souffle et qu'une fois passées les 57 premières pages, qui sont un peu longues et qui démarrent de manière très glauque (mais, au moins, on est dans le vif du sujet tout de suite !!!), on ne veut plus lâcher ce livre.

 

2) J'ai enfin appris qui était Caryl Chessman !!! Je connaissais ce nom, cité dans une chanson de Nicolas Peyrac, "So far away from L.A", mais ne savait absolument rien de lui. Et bien, cette lacune est définitivement comblée car je suis maintenant au fait qu'il s'agissait d'un condamné à mort américain gazé au cyanure en 1960 pour vols, viols et enlèvements, mais en aucun cas pour meurtre (Et c'est mon dernier mot, Jean-Pierre !!!).

 

3) L'intrigue est très habilement menée par Shane Stevens et, petit à petit, toutes les pièces du puzzle viennent s'emboîter au millimètre pour nous mener vers un dénouement captivant et surprenant. Je pourrais, toutefois, reprocher au livre de contenir beaucoup trop d'entremêlements de pistes, d'éléments divers et variés, ce qui rend la lecture parfois lourde. Vouloir relier la politique des années Nixon, Caryl Chessman, les déboires d'un sénateur arrivistes, les magouilles en tous genres... et la folie d'un serial killer peut parfois provoquer quelques aigreurs d'estomacs ou lourdeurs digestives. Heureusement que le personnage principal, ancêtre de Hannibal Lecter et autres tueurs en série de la littérature contemporaine, est un "héros" fascinant qui ne se laisse pas quitter comme ça.

 

4) Je ne peux m'empêcher, cependant, de trouver que ce livre n'offre aucune part belle aux femmes et que, quel que soit le protagoniste qui s'exprime, dans ce livre, la femme, qu'elle soit mère ou épouse est systématiquement avilie, rabaissée, souillée. On aurait pu penser que vu l'obsession malfaisante du personnage principal à vouloir éradiquer la "femelle" de la surface du globe avec force violences et mutilations, l'auteur aurait pu attribuer à quelques personnages féminins des attraits sympathiques et touchants. Non, uniquement des traînées, des prostituées, des femmes qui ne vivent que pour l'argent et la luxure, quand ce n'est pas les deux à la fois. A se demander, si Shane Stevens n'avait pas un problème sérieux avec la gente féminine en général, ou plus particulièrement avec sa maman ???

 

Note : 4/5  

(note pondérée par le trop plein de barbarie subit par le sexe, dit faible, dans un seul ouvrage, au demeurant bien écrit!!!)

 

Passage choisi : "Lorsqu'il atteignit l'âge de la majorité, Bishop était devenu un génie de la dissimulation, un maître de la survie. Et un authentique monstre, aussi, qui ne connaissait d'autre sentiment que la haine, qui n'avait d'autre but que la destruction.

Par sa vision du monde et de lui-même, Bishop était frappé d'une démence parfaitement à la hauteur de son existence torturée. Mais dès qu'il s'agissait de résoudre un problème spécifique, son instinct animal et sa haine calculée de la normalité se révélaient d'une précision aussi redoutable que le scalpel du chirurgien."

Publié dans THRILLERS-POLICIERS

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ann-cou 11/04/2012 20:56

4/5... je savais que tu allais être addictée... tout comme mou quand je l'ai lu. Ok l'image des femmes n'est pas superbe mais le chassé croisé entre le tueur et le journaliste... c'est un tel truc
que...
contente que tu aies aimé!!!!

Nathalie 12/04/2012 18:57



Contente aussi ;-)


Et dire que les serial-killers et psychopathes en tous genres ça existe vraiment, ça fait peur...