"Acide sulfurique" d'Amélie Nothomb

Publié le par Nathalie

J'avais lu, il y a quelques années déjà, certains ouvrages de cet écrivain si particulier, tant au niveau du personnage que des sujets traités. J'avais bien aimé "Les Catilinaires" et "Mercure". Quand j'ai découvert le sujet d' "Acide sulfurique", en plein boum de la télé-réalité, je n'ai pu m'empêcher de l'acheter. Par curiosité...

 

Amélie Nothomb a choisi pour cet ouvrage de mêler deux thématiques a priori très éloignées : camp de concentration et émission de télé-réalité. On est donc dans un roman de science-fiction, mais je n'ai pu m'empêcher de me poser la question suivante : "La réalité va-t-elle un jour rattraper la fiction vu les émissions de plus en plus voyeuristes que la télévision nous propose depuis une dizaine d'années ?". Le sujet est dérangeant, je ne vous le cache pas, et peut rebuter.


Amélie Nothomb nous décrit l'univers d'une nouvelle émission baptisée "Concentration" dans laquelle des gens, choisis au hasard parmi la population, sont enfermés dans un camp et surveillés par des "kapos" recrutés sur casting. Bien entendu, le camp est envahi de caméras qui filment l'évolution des rapports entre les victimes et leurs bourreaux ainsi que les maltraitances et humiliations quotidiennes. Les télespectateurs, quant à eux, votent pour décider qui va partir (mourir) ou rester. Ils assistent à une sorte de jeux du cirque à l'issue desquels la mise à mort est décidée, non par l'empereur, mais par l'audimat !!!

 

J'avoue Acide-sulfurique.jpgque je suis très partagée sur ce livre car le sujet est  particulier et pousse loin dans le cynisme. D'un autre côté, il interpelle, amène à se poser des questions et à "regarder " les émissions de télé-réalité d'un oeil différent. Et une question se pose tout au long de l'ouvrage : si cette émission existait vraiment, serions-nous du côté des kapos, des victimes ou des spectateurs? Difficile de répondre, même si on se plaît à croire que nous serions capables de réagir en faisant le bon choix. Un chanteur que j'apprécie a dit un jour : "Si j'étais né en 17, à Leidenstadt, sur les ruines d'un champ de bataille, serais-je meilleur ou pire que ces gens [...]?" J'avoue qu'un tel livre me fait m'interpeller à ce sujet...

 

Note : ???

 

Passage choisi : "Aucune qualification n'était nécessaire pour être arrêté. Les rafles se produisaient n'importe où : on emportait tout le monde, sans dérogation possible. Etre humain était le critère unique."

 

Publié dans Amélie Nothomb

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