"A la santé d'Henry Miller" de Olivier Bernabé

Publié le par Nathalie

Il y a une douzaine de jours, j'ouvre ma boîte aux lettres et j'y trouve un paquet venant des éditions Persée. Ils avaient eu mes coordonnées via Olympe Mousseron, qui m'avait contactée pour que je lise son roman "Corps et Âmes" courant mai, et ont décidé de m'envoyer un nouvel ouvrage paru chez eux. Pourquoi pas... 

Sachant que je n'avais pas franchement apprécié le premier envoi, j'ai mis celui-là sur ma pile et me suis dit que je verrais plus tard... Finalement, quelques jours après, j'ai ouvert "A la santé d'Henry Miller" de Olivier Bernabé, par curiosité, attirée par la photo de couverture que je trouve très belle, et ayant lu la première page, j'ai décidé de ne pas attendre plus longtemps pour m'y plonger...

 

Balthazar Saint-Cene, la quarantaine, marié, un enfant, est un antiquaire coté de la capitale. Elevé par une mère qui n'a pas su lui montrer son amour, ignoré par un père trop parfait et n'ayant aucune relation avec son frère, il vit une existence tranquille et bourgeoise entre travail, famille et maîtresse.

Alors qu'il se sent écrasé par cette vie étriquée et banale, il accepte, à regret, une invitation à un mariage en province. C'est là que tout bascule... Il va y faire la connaissance d'une mystérieuse femme, Alma, qui se présente comme son ange gardien et avec laquelle il se sent immédiatement en connexion étroite. Cette rencontre va le conduire à tout quitter du jour au lendemain, femme, enfant, travail, afin de comprendre ce qui le relie à elle, mais également pour suivre un chemin qui va lui permettre de se découvrir lui-même. Dans cette quête, il sera aidé par son meilleur ami, Blaise, et par sa conscience, incarnée par un écrivain l'ayant beaucoup marqué, Henry Miller.


A la santé d'Henry Miller0001

J'ai véritablement apprécié ce roman qui débute sur un ton drôle pour finalement avancer peu à peu dans les méandres de la psychologie humaine, devenant alors touchant de vérité et de sentiments. Olivier Bernabé a su créer, avec Balthazar, un personnage plein d'humour, de dérision sur sa propre existence, mais en même temps complètement paumé, et qui va devoir vivre une véritable quête initiatique, avec épreuves à la clef, avant d'arriver, enfin, à découvrir qui il est vraiment et ce qui est essentiel dans sa vie.

Les relations familiales sont à l'honneur dans cet ouvrage. Les liens qui se font, se défont, n'arrivent pas à se faire... La complexité des rapports père-fils ou frère-frère... Tout cela est très bien décrit et amène à l'émotion.


J'ai également aimé le style d'Olivier Bernabé qui est moderne, plein d'humour et qui montre une culture certaine et solide dans de nombreux domaines. Les phrases sont parfois un peu longues mais il y a un véritable rythme dans l'écriture qui compense aisément ce petit excès de mots entre la majuscule et le point.

 

Malgré tout, je dois noter un ou deux bémols : Le chapitre 2 m'a paru une parenthèse qui n'avait pas forcément sa place dans le roman. Une sorte de rupture, de récit parallèle, qui ne m'a pas convaincue. Je pense que cette présentation de la conscience de Balthazar, symbolisée par Henry Miller, aurait pu être intégrée dans l'histoire de façon plus adroite. La voix de l'auteur du "Tropique du Capricorne" apporte un certain charme au récit mais la mise en route de cet effet de style m'a paru un peu poussive.

Autre chose, un personnage qui apparaît en cours d'ouvrage, un petit violoniste voisin de Balthazar, prénommé Victor à partir de la page 141 devient subitement Arthur à partir de la page 204 !!!

J'ai trouvé aussi que la fin s'éternisait un peu et que la multiplication des retrouvailles faisait que finalement la dernière n'était plus vraiment crédible. Les pages 307 à 316 ne me paraissaient pas nécessaires et m'ont donné comme une impression de "trop" qui m'a laissée sur une note un peu moins savoureuse que si le livre s'était achevé quelques pages avant...

 

Ce premier roman d'Olivier Bernabé m'a véritablement touchée, autant par le thème traité, que par le style assuré et nerveux mis au service de cette jolie histoire. Et puis, les personnages secondaires sont savoureux et bien campés. Mention spéciale à Blaise et Chiquita !!! ;-)


Si vous voulez en savoir plus sur cet ouvrage, cliquez ici.

 

Note : 3,75/5

 

Passage choisi : "L'effet que produisait ma voisine sur mon métabolisme était plus efficace que l'absorption massive d'un concentré d'aubépine, de millepertuis, de prozac, et de doliprane codéiné, faisant suite à une séance de sophrologie et un massage thaï aux huiles essentielles à quatre mains. Une impression de libération inconditionnelle et instantanée de chacune de mes vertèbres, de la cervicale au coccyx, d'un renouveau pulmonaire sous forme d'une brise mentholée, après l'expulsion des vieux SDF qui squattaient ma cage thoracique depuis des décennies. Mon chiropracteur acupuncteur se trouvait soudain sous la menace de perdre ses cent euros hebdomadaires, non conventionnés et donc pas remboursables par la sécurité sociale."

 

Publié dans ROMANS

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calou 18/06/2012 11:46

en référence à un certain été biscarossien...!!! ou un certain soir j'aurais mieux fait de lire que d'aller dans l'océan ! ! !
cet été lecture pour prévenir tous risuqes...
bisous

Nathalie 18/06/2012 17:51



Il va donc falloir que je prévois une malle ??? Et toi, une liste de livres à me piquer ??? ;-)



calou 15/06/2012 08:56

un résumé et une présentation de pro...j'ai envie, après lecture de ce condensé, de lire cet ouvrage...
et c'est très bien car la lecture n'engendre jamais de déchirure musculaire bien que le cerveau travaille abondamment dans ces moments-là !

Nathalie 15/06/2012 17:32



Merci, merci ;-) En même temps, quand c'est bien, je n'ai pas trop de mérite, les mots sortent tout seuls de mes doigts et se bousculent sur mon clavier.
Et j'en avais encore à écrire...


Dois-je comprendre qu'il y a déchirure musculaire dans l'air ou est-ce un effet de style littéraire ?