- Le Cherokee - de Richard Morgiève

Publié le par Nathalie

- Le Cherokee - de Richard Morgiève

"Le Cherokee" (Gallimard-2019/Folio-2020) est l’œuvre de Richard Morgiève, écrivain et scénariste français. En 1980, il arrête son travail de déménageur de caves et d'appartements abandonnés et publie "Allez les Verts". Depuis il n’a cessé d’écrire, comme romancier, scénariste, dialoguiste pour le cinéma et la TV, avec notamment l’adaptation de son roman "Fausto".

"Le Cherokee" a obtenu le Grand prix de littérature policière 2019 et le prix mystère de la critique 2020.

Pour l'anecdote, ce roman est un cadeau d'anniversaire. Ma sœur et son mari m'ont abonnée pour 3 mois à la box littéraire "Kube", et c'est donc un livre choisi par un des libraires de cette box qui est arrivé entre mes mains. Bon choix !


4ème de couv' : "1954, USA : alors qu 'il fait sa tournée de nuit à la première neige, sur les hauts plateaux désertiques du comté de Garfield, dans l'Utah, le shérif Nick Corey découvre une voiture abandonnée. Au même moment, il voit atterrir un chasseur Sabre, sans aucune lumière. Et sans pilote. C'est le branle-bas de combat. L'armée et le FBI sont sur les dents. Quant à Corey, il se retrouve confronté à son propre passé : le tueur en série qui a assassiné ses parents et gâché sa vie réapparaît. Corey se lance à sa poursuite. Mais les cauchemars ont la dent dure... Et on peut tomber amoureux d'un agent du FBI."

Style étrange mélangeant un débit mitraillette, de l'humour noir (...très noir!), des propos souvent crus, une violence froide et cruelle, des passages quasi philosophiques sur la place de l'homme dans la Nature ou sur les relations humaines.

Le tout au service d'un enquêteur atypique, doublement orphelin, ancien taulard (car soupçonné du meurtre de ses parents), ancien soldat d'élite, shérif de campagne, confronté à deux enquêtes en parallèle : le retour du tueur en série qui lui a enlevé sa famille adoptive et l'atterrissage mystérieux d'un avion militaire sans pilote.

J'ai mis quelques chapitres avant d'être en totale immersion dans l'univers très particulier de Richard Morgiève, mais après, impossible pour moi de décrocher. J'ai suivi avec grand plaisir Nick Corey, enquêteur à l'instinct quasi infaillible et aux méthodes plutôt expéditives, dans les méandres des deux intrigues. Je me suis souvent surprise à rigoler devant certains bons mots ou certaines tournures de phrases. J'ai apprécié l'écriture nerveuse au style très visuel.

Âmes sensibles s'abstenir devant certaines descriptions et allergiques aux gros mots, passez votre chemin ! Je ne compte plus, en effet, les récurrences des mots bite ou cul qui jalonnent l'histoire.

Un roman noir très prenant à qui j'aurais mis un 5/5 si le dénouement ne m'avait pas, un tantinet, laissée sur ma faim...

Note : 4,75/5

Passage choisi : "Corey a mis ses mains sur son visage, c'était la technique instinctive d'un orphelin nord-américain du vingtième siècle pour élucider les crimes. Ainsi il se rapprochait de la peau, de la carnation, de l'odeur, du souvenir. Tous les enquêteurs étaient proustiens, forcément, encore un point marqué par les Français. Le crime à résoudre était toujours ancré dans les souvenirs de l'enquêteur, toujours. C'était une loi, la loi. L'enquêteur devait lire dans ses propres souvenirs le meurtre sur lequel il travaillait. C'étaient eux qui résolvaient les énigmes, les enquêtes. Corey sentait ses mains pour se rapprocher du tueur. Le tueur vivait. Il était organique, mangeait, buvait, chiait. Même s'il était monstrueux, il était humain. Il ne fallait pas l'oublier. C'était pourquoi l'enquêteur ne devait pas oublier qu'il avait une peau, des mains et des pieds comme celui qu'il traquait. et le plus difficile pour l'enquêteur nommé Nick Corey, c'était de ne pas oublier que le tueur, le tueur de ses parents, avait des émotions, des sentiments."

Publié dans THRILLERS-POLICIERS

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article