"Les perroquets de la place d'Arezzo" d'Eric-Emmanuel Schmitt

Publié le par Nathalie

"Les perroquets de la place d'Arezzo" d'Eric-Emmanuel Schmitt

Voici le quatrième roman d'Eric-Emmanuel Schmitt pour lequel je commets un article, après "Oscar et la dame en rose" (ici), "La part de l'autre" () et "La femme au miroir" (ici). J'avais beaucoup apprécié les 2 premiers et été déçue par le 3ème, aussi étais-je curieuse de voir ce que "Les perroquets de la place d'Arrezo" allaient bien pouvoir provoquer en moi... Au passage, merci à Anne-C pour son prêt ;-)

4ème de couv' : "«Ce mot simplement pour te signaler que je t’aime. Signé : tu sais qui.» Cette lettre anonyme trouble l’existence des riverains de la place d’Arezzo. Dans ce quartier élégant de Bruxelles, quel original, quel pervers, quel corbeau déguisé en colombe s’acharne à violer leur intimité ? Le message entraîne autant de promesses et d’attentes que de déceptions et de catastrophes, chacun l’interprétant à sa façon. Menée par Eric-Emmanuel Schmitt, cette ronde effrénée devient l’encyclopédie des désirs, des sentiments et des plaisirs, le roman des comportements amoureux de notre temps."

Au départ, cette lecture m'a interpellée assez négativement car je trouvais le va-et-vient entre les personnages un peu fastidieux et le rapport au sexe (adultère, domination, viol, manipulation...) trop présent. Et puis..., au fur et à mesure de ma lecture, je me suis attachée à certains des habitants de la placce d'Arezzo (Hippolyte le jardinier au physique d'Apollon, Patricia la mère de famille qui a du mal à gérer son apparence, Meg l'assistante consciencieuse...). Bien entendu, je n'ai pu m'empêcher de voir surgir derrière celui de Zachary Bidermann, homme de pouvoir ne pouvant résister à ses (fréquentes) pulsions sexuelles, l'ombre planante d'un Dominique Strauss-khan. Et, peu à peu, je me suis prise à observer cette ronde nombreuse dont les protagonistes oscillent entre amour et désir, attirance et répulsion, jalousie et partage. L'arrivée de cette petite missive anonyme sur papier jaune et qui paraît bien anodine va pourtant faire souffler un vent de tempête sur la place aux perroquets. Les histoires se font ou se défont, les corps se désirent ou se déchirent pour que l'intrigue se termine finalement dans un happy-end au dénouement que je n'avais pas imaginé un instant et qui m'a semblé un peu précipité.

Je ne peux pas dire que j'ai été déçue car j'ai été au bout des 730 pages sans rechigner mais je suis, cependant restée sur ma faim. Eric-Emmanuel Schmitt a choisi de parler de sexe, de sentiments, de plaisir, et pour cela il a été chercher loin dans la gamme des désirs, mais j'ai eu quand même une impression de superficialité, de picorage, d'étalage racoleur. Comme si la quantité des goûts sexuels et la diversité des pratiques, dans ce quartier huppé de Bruxelles, avait remplacé la qualité de l'intrigue et de l'écriture. En conclusion, je dirais : "Peut mieux faire...".

Note : 3,5/5

Passage choisi : "Beaucoup de gens se protègent de l'amour. Ils vivent mieux sans. La plupart du temps, s'ils acceptent d'en recevoir,ils ne tiennent pas à en donner. C'est déstabilisant, l'amour, une percée contre l’égoïsme, la chute d'une citadelle, la mort d'un règne: Un être compte plus que toi ! Quelle catastrophe !"

Publié dans Eric-Emmanuel Schmitt

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