"La vie très privée de Mr Sim" de Jonathan Coe

Publié le par Nathalie

"La vie très privée de Mr Sim" de Jonathan Coe

"La vie très privée de Mr Sim" est un des nombreux livres de Jonathan Coe, écrivain britannique. Il a été publié en France chez Gallimard en 2011 et chez Folio en 2012. Le roman a été adapté au cinéma en 2015 par Michel Leclerc, avec Jean-Pierre Bacri dans le rôle principal.

4ème de couv' : "Maxwell Sim est un loser de quarante-huit ans. Voué à l'échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l'échec à l'âge adulte (sa femme le quitte, sa fille rit doucement de lui), il s'accepte tel qu'il est et trouve même certaine satisfaction à son état. Mais voilà qu'une proposition inattendue lui fait traverser l'Angleterre au volant d'une Toyota hybride, nantie d'un GPS à la voix bouleversante dont, à force de solitude, il va tomber amoureux. Son équipée de commis-voyageur, représentant en brosses à dents dernier cri, le ramène parmi les paysages et les visages de son enfance. Et toujours Max pense à la femme chinoise et à sa fille, aperçues dans un restaurant en Australie, dont l'entente et le bonheur d'être ensemble l'ont tant fasciné.
Plus d'une génération va se reconnaître dans ce roman qui nous enchante avec un humour tout britannique, bien préférable au désespoir."

Si vous aimez les personnages cabossés par la vie, les losers, vous allez apprécier le personnage de Max, représentant de commerce qui traverse sa vie sans véritablement l'habiter jusqu'au jour où il croise Poppy dans un aéroport, où il découvre l'histoire de Donald Crowhurts et où il accepte un job de représentant en brosses à dents. A partir de là, au grès de ses déplacements, de ses rencontres, Max Sim va évoluer, cheminer vers lui-même, jusqu'à un dénouement véritablement surprenant.

J'ai eu quelques hésitations lors des premiers chapitres car il faut avouer que Mr. Sim n'est pas très sexy comme personnage mais, petit à petit, on s'y attache car son mal-être et son manque total de confiance en lui, en la vie, en font, finalement, un personnage émouvant que l'on veut apprendre à mieux connaître.

Jonathan Coe réalise là une belle histoire autour d'un héros banal au point d'en devenir un anti-héros. Je me suis bien amusée en suivant Max Sim dans cette satire sociale car Jonathan Coe écrit bien et sait distiller un humour british très rafraîchissant qui vient contrebalancer toutes les ondes négatives traînées par Mr. Sim.

Prochaine étape, visionner le film éponyme avec Bacri (à mon avis le rôle devrait lui aller à merveille avec sa mine de chien battu) afin de voir comment le réalisateur a réussi à donner vie à cet univers et , surtout, comment il s'en est sorti pour amener le dénouement assez inattendu et un peu déstabilisant.

Note : 4/5

Passage choisi : "On aurait dit que la lecture était devenue une obsession, chez Caroline. Elle dévorait régulièrement deux ou trois livres par semaine; des romans, surtout; des romans "littéraires" ou "sérieux", comme on dit (je crois). "C'est pas un peu répétitif, au bout d'un moment? Ils se mélangent pas tous dans ta tête?" je lui ai demandé, une fois. Mais elle m'a répondu que je parlais sans savoir. "Tu es le genre de personne qui ne verra jamais un livre changer sa vie", disait-elle. "Pourquoi veux-tu qu'un livre change ma vie? Ce qui change ta vie, c'est la réalité, c'est se marier, avoir des enfants. - Moi, je te parle d'élargir son horizon, d'élever son niveau de conscience." C'était un point sur lequel nous ne serions jamais d'accord. Une ou deux fois, j'ai tenté plus sérieusement de m'y mettre, mais je n'ai jamais vraiment compris où elle voulait en venir. Je me souviens de lui avoir demandé de me conseiller des livres, des livres susceptibles de changer ma vie. J'ai essayé. De là à dire qu'il a changé ma vie, non."

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