"Au revoir là-haut" de Pierre Lemaitre

Publié le par Nathalie

"Au revoir là-haut" de Pierre Lemaitre

De Pierre Lemaitre, j'avais lu, il y a quelques années "Robe de marié" (ici), "Alex" () et "Sacrifices" (ici). Aussi, quand ma copine Flo a proposé de me prêter "Au revoir là-haut", prix Goncourt 2013, du même auteur, j'ai forcément acquiescé.

4ème de couv' : "Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts…
Fresque d’une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d’évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l’après-guerre de 14, de l’illusion de l’armistice, de l’État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l’abomination érigée en vertu. Dans l’atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants."

J'avais aimé Pierre Lemaitre pour sa maîtrise du thriller avec suspense, retournement soudain de situation et personnages complexes. Là, je le redécouvre sous un angle plutôt historique mais il n'a rien perdu de sa puissance évocatrice et de son habileté à construire une intrigue prenante.

Durant les 5 premiers chapitres, j'ai eu l'impression d'être plongée dans "14" de Jean Echenoz (). La réalité des tranchées, la peur qui transpire, le bruit des balles et des obus, les soldats qui se demandent bien pourquoi ils sont là. Puis l'hôpital militaire avec ses gueules cassées, les descriptions pleines de sang, de glaire, de morve. L'odeur de putréfaction qui s'échappe des mots, des phrases. Mieux vaut avoir le coeur bien accroché...

Ensuite, on s'échappe de la guerre en elle-même pour suivre Albert et Edouard, miraculés du champ de bataille, mais dans quel état !!! Sans un sou, traumatisés, rejetés, ils vont s'installer dans une routine tendue vers un unique but : se nourrir et payer les doses de morphine qui, seules, soulagent Edouard. Jusqu'au jour où Edouard a une idée géniale, pour ne pas dire machiavélique, et où il va entraîner Albert dans sa folie. Démarre alors une magistrale arnaque, très bien pensée, et qui se termine par un dénouement inattendu (marque de fabrique de l'auteur).

J'ai beaucoup apprécié ce roman de Pierre Lemaitre, au style et à l'intrigue bien maîtrisés. Le personnage d'Edouard est particulièrement bien pensé avec ses excès, ses masques, ses relations aux autres.

Voici un gros roman qui est resté sur ma PAL plusieurs mois (L'idée de lire un Goncourt, sûrement !) mais que je suis bien contente d'avoir finalement pris le temps de découvrir.

Note : 4,5/5

Passage choisi : "Il savait que la guerre n'était rien d'autre qu'une immense loterie à balles réelles dans laquelle survivre quatre ans tenait fondamentalement du miracle."

 

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