"L'insouciance" de Karine Tuil

Publié le par Nathalie

"L'insouciance" de Karine Tuil

Après "L'Invention de nos vies" (ici), cadeau du Père Noël, cru 2014, me voici à nouveau avec un livre de Karine Tuil entre les mains, "L'insouciance", son dixième roman, paru à la rentrée 2016. Je me le suis offert lors de la séance de dédicaces qui a eu lieu à "L'Eclectique", début octobre, avec l'auteure, une femme discrète et charmante.

4ème de couv' : "De retour d’Afghanistan où il a perdu plusieurs de ses hommes, le lieutenant Romain Roller est dévasté. Au cours du séjour de décompression organisé par l’armée à Chypre, il a une liaison avec la jeune journaliste et écrivain Marion Decker. Dès le lendemain, il apprend qu’elle est mariée à François Vély, un charismatique entrepreneur franco-américain, fils d’un ancien ministre et résistant juif. En France, Marion et Romain se revoient et vivent en secret une grande passion amoureuse. Mais François est accusé de racisme après avoir posé pour un magazine, assis sur une œuvre d’art représentant une femme noire. À la veille d’une importante fusion avec une société américaine, son empire est menacé. Un ami d’enfance de Romain, Osman Diboula, fils d’immigrés ivoiriens devenu au lendemain des émeutes de 2005 une personnalité politique montante, prend alors publiquement la défense de l’homme d’affaires, entraînant malgré lui tous les protagonistes dans une épopée puissante qui révèle la violence du monde."

Les thématiques abordées dans ce roman sont nombreuses : l'identité, le racisme, la religion, la position sociale, l'intégration, le pouvoir, l'amour. Ce sont sans doute des thèmes chers à Karine Tuil car ils étaient déjà présents dans "L'Invention de nos vies". Mais, en plus, on y trouve celui de la guerre et des répercutions (tant physiques que psychologiques) qui en découlent sur les soldats revenus du front. Et puis la montée de l'intégrisme.

Contrairement à "L'Invention de nos vies" dans lequel j'avais eu un peu de mal à entrer mais qui, ensuite, m'avait happée, "L'insouciance" ne m'a pas fait le même effet. D'abord, ce roman est plus sombre. Dès les premières pages, la description de la vie des soldats en Afghanistan vous donne une bonne claque par son réalisme cru. Ensuite, on s'attache aux divers personnages qui sont tous plus ou moins liés entre eux, et au jeu de pouvoir et de domination qui s'exerce, faisant et défaisant les vies à vitesse grand V. J'ai trouvé malgré tout quelques longueurs, une certaine façon de faire durer les descriptions, un certain statisme dans l'action aux alentours des pages 200 à 300, puis le rythme est revenu... Je dirai donc que j'ai aimé ce roman mais qu'il m'a moins marquée que ma précédente lecture. C'est un livre fort, politique, critique, qui est ancré dans la réalité de notre décennie, mais j'ai trouvé qu'il y manquait le supplément d'âme qui m'avait touchée quand je partageais la vie de Samir, Nina et Samuel.

Note : 3,75/4

Passage choisi : "Il y a quelque chose de très malsain qui est en train de se produire dans notre société, tout est vu à travers le prisme identitaire. On est assigné à ses origines quoi qu'on fasse. Essaye de sortir de ce schéma-là et on dira de toi que tu renies ce que tu es ; assume-le et on te reprochera ta grégarité."

 

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