"Satan était un ange" de Karine Giébel

Publié le par Nathalie

"Satan était un ange" de Karine Giébel

"Satan était un ange" est le septième roman de Karine Giébel, auteure varoise publiée chez Fleuve Noir et Pocket. C'est aussi le 6ème livre que j'ai lu d'elle () et l'un de mes achats du Salon du Livre de Poche de St Maur, édition 2016.

4ème de couv' : " Deux trajectoires, deux lignes de fuite. Hier encore, François était quelqu’un. Un homme qu’on regardait avec admiration, avec envie. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un fugitif qui tente d’échapper à son assassin. Qui le rattrapera, où qu’il aille. Quoi qu’il fasse. Paul regarde derrière lui ; il voit la cohorte des victimes qui hurlent vengeance. Il paye le prix de ses fautes. L'échéance approche... Dans la même voiture, sur une même route, deux hommes que tout semble opposer, et qui pourtant fuient ensemble leur destin différent. Rouler droit devant. faire ce qu'il n'ont jamais fait. Puisque l'horizon est bouché, autant tenter une dernière percée. Flamboyante."


Tout d'abord, il faut que je prévienne, que je mette en garde. Si en ouvrant ce roman de 376 pages, vous vous attendez à replonger dans les méandres angoissants d'un "Meurtre pour rédemption" ou d'un "Purgatoire des innocents", vous prenez le risque d'être déçu(e).

En effet, Karine Giébel fait, avec ce road movie, un virage à 180°. On a affaire à la rencontre entre deux hommes très différents qui fuient et dont les chemins se croisent pour le meilleur comme pour le pire. L'histoire de François et de Paul, bien qu'empreinte de noirceur (marque de fabrique "giébeliste" par excellence), n'en reste pas moins l'histoire d'une rencontre entre deux êtres que tout oppose mais qui vont s'attacher l'un à l'autre, s'apporter beaucoup, alors qu'ils sont à un moment de leur vie où tout semble fini. Ici, moins de violence crue, moins d'angoisse à l'état pur mais plus de profondeur, voire de philosophie, dans les propos.

Passé le moment de surprise, j'ai vraiment bien apprécié ce récit initiatique de deux hommes qui cherchent, chacun à leur manière, à fuir la mort.

Note : 4,25/5

Passage choisi : "Devant le miroir de la salle de bains, il s'éternise, s'observant de longues minutes. Étrange de rajeunir quand on va mourir. Étrange de se sentir libre quand on est condamné. En définitive, ce n'est pas la mort qui enchaîne. C'est la vie. Avec toutes ses contraintes absurdes, ces choses que l'on s'impose à soi-même ; ces barrières que l'on érige patiemment autour de soi. Par obligation, par peur, bêtise ou convenance. Par habitude ou par pudeur. On participe à construire sa prison, dorée ou pas, barreau après barreau. Et même si on dispose des clefs, rester à l'intérieur pour y périr lentement..."

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