"La chambre des officiers" de Marc Dugain

Publié le par Nathalie

Retour sur les bancs de l'école (ou devrais-je dire du collège) pour user mes fonds de culotte et, surtout, pour enrichir ma culture littéraire d'un classique du genre. Eh, oui, je viens de piquer, à mon loulou, le livre que sa prof de français leur a demandé de lire pendant les vacances scolaires de la Toussaint !!!

Il s'agit de "La chambre des officiers" de Marc Dugain, un court roman d'environ 160 pages paru en 1998 et ayant reçu le Prix des Libraires, le Prix Roger-Nimier et le Prix des Deux Magots l'année suivante. Il a été adapté au cinéma deux ans plus tard sous le même titre par François Dupeyron avec Eric Caravaca, André Dussolier, Denis Podalydes, Sabine Azéma...

Marc Dugain ayant fréquenté des Gueules Cassées, dans son enfance, en compagnie de son grand-père, a choisi ce sujet pour son premier roman qu'il lui dédicace d'ailleurs.

Adrien, le narrateur, est un jeune homme à qui la vie sourit jusqu'à ce matin de 1914 où un éclat d'obus le défigure lors d'une simple mission de reconnaissance. Transporté au Val-de-Grâce et installé dans la chambre réservée aux officiers, Adrien va y passer plusieurs années. Cinq ans à subir des opérations, mais également cinq années à repenser à Clémence, qu'il a connu juste avant de partir à la guerre. Cinq années également à réfléchir à sa future vie au dehors, à lier des liens d'amitié avec les autres mutilés, à s'habituer à sa nouvelle tête...

Voici un roman fluide, sorte de journal intime d'une Gueule Cassée, qui nous fait entrer dans les coulisses de la chambre des officiers et de ses occupants. Ce récit qui n'est absolument pas larmoyant sait captiver par sa sobriété et son humanité. Même mon adolescent l'a trouvé "plutôt pas mal ", c'est vous dire...

Note : 4,5/5

Passage choisi : "Je suis réveillé quelques heures plus tard par une douleur si forte et si diffuse que je suis incapable d'en localiser l'origine précise. Mes pieds bougent. Les deux. Mes mains aussi. Chacun de mes yeux perce la semi-obscurité. Je suis entier. Avec ma langue je fais le tour de ma bouche. En bas, elle vient s'appuyer sur les gencives de la mâchoire inférieure : les dents ont été pulvérisées. Les hauteurs, elles, s'annoncent comme un couloir sans fin; ma langue ne rencontre pas d'obstacle et, lorsqu'elle vient toucher les sinus, je décide d'interrompre cette première visite. C'est tout ce vide qui me fait souffrir."

"La chambre des officiers" de Marc Dugain

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